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"Je félicite l'Iran pour ses élections justes et saines." Christine Defraigne (MR) est revenue le week-end dernier d’un voyage officiel en Iran et doit maintenant faire face à la polémique sur le fait qu'elle se soit voilée "par obligation" lors d’une rencontre avec le conseiller du Guide suprême iranien, Ali-Akbar Velayati. L'homme est condamné pour terrorisme en Argentine et en Allemagne. Lors de cet entretien, les propos de la présidente du Sénat belge ont fait bondir les organisations des droits de l’homme, qui considèrent ces élections comme les moins libres de la République islamique depuis 37 ans. L'Iran est connu pour sa position peu tolérante envers les femmes.



Durant cette visite, Christine Defraigne semble aussi avoir traité à sa manière des sujets qui fâchent en comparant l’égalité des genres en Iran et en Belgique. "En Belgique non plus, il n'y a pas d'égalité entre les hommes et les femmes au parlement. Et au gouvernement, c'est encore pire", a-t-elle déclaré. Une réaction qui désole la belgo-iranienne Darya Safai, fondatrice et directrice du mouvement 'Let Iranian Women Enter Their Stadiums!', présent sur Facebook .




Le quotidien flamand Knack lui a donné la parole dans un édito assassin, publié ce mercredi et traduit dans Le Vif en ligne .


"Tous les politiques occidentaux qui visitent Téhéran prononcent au moins une phrase courte sur l'atteinte aux droits de l'homme dans la République islamique. Hormis Defraigne. Elle réussit même à fêter un régime où près de mille personnes sont exécutées en justice chaque année et à critiquer son pays."


Muée en représente de la femme iranienne, Darya Safai se base sur le compte-rendu de la presse locale et accuse Christine Defraigne d'hypocrisie, pour des intérêts économiques. Des propos accueillis avec "enthousiasme" par les médias iraniens. "Elle n'a pas pipé mot sur le million de dossiers de police ouverts annuellement contre les femmes qui ne respectent pas le code vestimentaire en vigueur." Ces dossiers seraient au nombre de 7.000.

Le même jour, Christine Defraigne lui a répondu sur son compte Twitter.


"Vous maniez l'art de la désinformation en me prêtant des propos que je n'ai pas tenus. (...) Je regrette votre manque criant de discernement et de professionnalisme. Votre méthode de travail traduit une absence totale d'honnêteté intellectuelle. (...) Durant cette visite officielle, nous n'avons fait preuve ni de naïveté ni de complaisance. (...) Je n'ai aucune leçon à recevoir en termes de droits des femmes et de laïcité."





Defraigne assure avoir abordé des questions liées à la peine de mort, ou encore à la censure dont ont été victimes des médias belges. Elle plaide le "dialogue" avec l'Iran, un pays qui "s'ouvre peu à peu" mais dont le chemin à réaliser en matière de droits de l'Homme est "encore long".