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Le tapageur feuilleton d’armes wall onnes en Libye rebondirait encore, à croire nos confrères du "Vif/L’Express" dans son édition de cette semaine. C’est qu’une partie des armes exportées selon le contrat signé en 2008 entre le régime Kadhafi et la FN Herstal, avalisé par l’Elysette en 2009, pourrait se trouver dans les mains des combattants de la brigade Tripoli dirigée par un ancien djihadiste d’Afghanistan, le très islamiste Abdelhakim Belhaj. D’autre part, les rebelles de Benghazi auraient reçu des armes de la FN courant avril 2011, soit après le début de l’intervention militaire de l’Otan. Et donc en violation de l’embargo sur les armes à destination de Libye imposé par le Conseil de sécurité de l’Onu, le 26 février précédent. D’après les témoignages recueillis, cet armement provenait du Qatar.

Ce qui est en cause ici n’est donc pas la fameuse tractation de 2008, d’autant que les armes en question - des fusils FN Fal - remonteraient aux années 1960. L’envoyé spécial du "Vif" ajoute qu’elles correspondent à des armes vendues à l’époque par la Belgique au Qatar, même s’il n’a pu en tracer les numéros de série pour obtenir confirmation. Ce qui est en cause, c’est la latitude décidément peu contrôlable de réexportation de la part de pays qui, tout en étant "sensibles" selon les procédures actuelles en Région wallonne, ne le sont pas au point d’être d’office suspects.

Si ce "transit" par le Qatar est avéré, deux scénarios se présentent. Soit le Qatar a demandé et obtenu l’autorisation de la Belgique, soit l’émirat a décidé de réexporter sans en informer le pays producteur. La seconde hypothèse est la plus probable, puisque le Qatar n’avait pas caché qu’il interprétait l’embargo décrété de manière très souple.

Chez le ministre-Président wallon Rudy Demotte (PS), on se refusait hier à tout commentaire, eu égard tant aux impossibilités de preuve qu’aux contraintes légales de confidentialité. Tandis que le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR), indiquait au Sénat qu’il ne disposait pas d’informations permettant "de confirmer ou d’infirmer" le fait que des armes belges soient tombées aux mains de groupes "liés de près ou de loin à al Qaeda". Tout en "relativisant l’intérêt" que les caractéristiques militaires des armes fournies par la FN "peuvent présenter pour des groupes terroristes"