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L’attitude se voulait humble, l’heure n’était pas à faire la leçon. Emmanuel Macron a regardé droit dans les yeux sa nation déchirée, lundi soir, promettant de la réconcilier avec la politique et avec elle-même. Pour la première fois depuis le début son mandat, le président français a détourné le regard de l’Union européenne, sa grande passion, n’y faisant pas une fois allusion au cours de son allocution télévisée. Au contraire, il a même annoncé des mesures sociales censées éteindre la colère des gilets jaunes, écartant la France de la voie de l’orthodoxie budgétaire. Au risque de s’attirer les critiques de la Commission, la méfiance de son allié allemand et les moqueries du "mauvais élève budgétaire" italien, dont il est déjà la tête de Turc. C’est à se demander si le costume de wonderboy européen n’est pas devenu trop large pour M. Macron, dont l’étoile avait déjà pâli, sur la scène européenne. La vive contestation dont il fait l’objet au niveau national achève de fragiliser sa position.