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Si l’affaire DSK eut des allures de tragédie, elle a viré dimanche soir, sur le plateau de TF1, à la comédie. Au gré d’une pièce remarquablement interprétée par Dominique Strauss-Kahn et Claire Chazal (quels acteurs !), servie par une mise en scène soignée, avec des dialogues parfaitement mémorisés et une complicité jamais prise en défaut, on passa en revue toute l’oeuvre de Molière.

L’affiche annonçait un spectacle entre "Le bourgeois gentilhomme" ("piégé" au Sofitel, DSK faisait de la relation non consentie sans le savoir) et "Les fourberies de Scapin" (l’ex-futur président de la République française s’était "fautivement" épris de Zerbinette, qui n’était plus égyptienne, mais guinéenne, sans se douter qu’il risquait de devoir un jour payer une rançon).

Le premier acte révéla pourtant une intrigue plus compliquée, qui hésitait dès lors entre "Dom Juan" (évidemment), "Le séducteur malgré lui" (DSK proclama avoir "du respect pour les femmes") et "Le violeur imaginaire" (de Nafissatou Diallo à Tristane Banon, en passant par Piroska Nagy, la très proche collaboratrice hongroise au FMI, elles "ment[ent] sur tout").

Au deuxième acte, on eut droit aux "Amants magnifiques", avec une tirade d’anthologie à la gloire de l’épouse "exceptionnelle" qu’est Anne Sinclair ("Je lui ai fait du mal, je le sais, je m’en veux" : pour un peu, on se serait cru dans "La Traviata").

Le troisième acte nous surprit avec son détour par "L’Avare" : plutôt que la villa de TriBeCa à 50000 dollars par mois qu’il "n’[a] pas aimée", DSK aurait naturellement préféré le "deux pièces" (sans chauffage et avec sanitaires communs ?) qu’"Anne avait loué", mais une meute de journalistes inquisiteurs et malpolis alarma les voisins qui obtinrent l’éviction des malheureux locataires.

Quant à la scène finale, elle balança entre "L’étourdi", "Le fâcheux", "Le dépit amoureux", "L’école des femmes" (ou "L’école des maris"). A moins que ce ne fût tout simplement "Tartuffe".