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Les langues se délient déjà à Rome... Dans l’éditorial de "L’Osservatore Romano", le quotidien du Vatican, son directeur, Giovanni Maria Vian, qui a ses entrées dans l’entourage direct du Pape, révélait lundi soir que Benoît XVI avait décidé secrètement après son voyage au Mexique et à Cuba, en mars dernier, de présenter sa démission.

Par ailleurs, depuis la Bavière, son frère, Mgr Georg Ratzinger, a confirmé ce retrait. Si Benoît XVI ne l’a finalement pas fait au retour d’une visite apostolique qui ne fut pas de tout repos, ni au propre ni au figuré, c’est sans nul doute parce qu’il restait mû par un immense sens du devoir sinon d’une mission divine et d’un amour réel du Christ. Le Pape envisagea aussi de ne pas quitter le trône de Pierre alors que de gros nuages noirs ne cessaient de s’accumuler au-dessus du Vatican.

Car si Benoît XVI a réellement imprimé une marque positive à la lutte contre la pédophilie ecclésiale malgré l’obstruction de la Curie, à ce moment précis, c’est la mort dans l’âme qu’il a assisté, impuissant, à des luttes internes aux accents si peu chrétiens qui ont fini par être dévoilées urbi et orbi par le scandale des "Vatileaks" et l’arrestation d’un majordome pourtant plus qu’acquis à son papal patron.

On apprendra peu à peu que tout cela a aussi fini par avoir raison de la détermination mais davantage encore de la santé du Pape. Reste qu’en démissionnant comme il l’a fait, il a montré qu’il était très lucide et que l’humilité restait une valeur ecclésiale appréciable. Les conclavistes de mars comprendront-ils que cette double approche est essentielle pour la relance de l’Eglise ? Réponse au plus tard à Pâques, la fête de la Résurrection...