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Un avion de la compagnie britannique Thomson Airways à destination de la station balnéaire égyptienne Charm el-Cheikh a été contraint de "prendre des mesures d'évitement", en août dernier, après que le pilote eut repéré un missile à quelque 300 mètres de distance, à proximité de l'aéroport, a confirmé le gouvernement britannique, cité samedi par The Guardian. L'avion, en provenance de Londres et qui transportait 189 passagers à destination de Charm el-Cheik, a dû prendre "des mesures d'évitement", selon le gouvernement britannique, après que le pilote eut repéré un missile le 23 août dernier.

Le vol TOM 476 avait pu atterrir sans encombres et les passagers n'ont pas été avertis de l'incident, selon The Guardian.

Le Département des Transports britannique (Department for Transport ou DfT) a confirmé l'information, mais ne croit pas que l'avion britannique constituait une cible. "Une enquête a démontré qu'il ne s'agissait pas d'une attaque ciblée", a confirmé un porte-parole du gouvernement, qui attribue l'incident à des manœuvres militaires égyptiennes.


Crash dans le Sinaï: La piste d'un attentat privilégiée, Le Caire prudent

Un ministre égyptien a affirmé samedi qu'aucune "hypothèse" ne pouvait encore être retenue dans le crash de l'avion russe alors que des sources proches du dossier à Paris estiment que la thèse d'un attentat à la bombe est à "privilégier fortement".

Londres et Washington avaient déjà ouvertement évoqué la piste d'une bombe dans l'appareil, parti le 31 octobre de Charm el-Cheikh, dans le Sinaï égyptien, en direction de Saint-Pétersbourg.

Une semaine après le crash qui a coûté la vie aux 224 personnes à bord, la thèse d'une bombe ayant explosé dans l'Airbus de la compagnie russe Metrojet 23 minutes après son décollage semble désormais s'imposer.

Une source proche du dossier a indiqué vendredi à l'AFP que l'analyse des deux boîtes noires, croisée avec des relevés sur les lieux du crash, permettait de "privilégier fortement" l'hypothèse d'un attentat à la bombe.

En effet, le décryptage de l'enregistreur des données de vol et de l'enregistreur des voix dans le cockpit indique que "tout était normal" jusqu'à la 24e minute de vol quand les boîtes noires ont brutalement cessé de fonctionner, comportement symptomatique d'une "très soudaine dépressurisation explosive", selon cette source qui a requis l'anonymat. "L'hypothèse d'une explosion avec pour origine une défaillance technique, un incendie ou autre, apparaît hautement improbable", a-t-elle ajouté.

Le groupe Etat islamique (EI), dont la branche égyptienne est active dans le nord de la péninsule du Sinaï, a affirmé être responsable de ce crash mais sans expliquer comment.

Une autre source proche du dossier a expliqué à l'AFP que l'analyse d'une boîte noire confirmait le caractère "brutal" et "soudain" de l'événement ayant précipité la chute de l'appareil, précisant que des photos montrant certains débris criblés d'impacts allant de l'intérieur vers l'extérieur "accréditent plutôt la thèse d'un engin pyrotechnique".

Le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri a cependant tenu à souligner samedi matin qu'aucune "hypothèse" ne pouvait encore être tirée.

Lors d'une conférence de presse, M. Choukri a ajouté que les renseignements sur la base desquels des pays ont mis en place des restrictions de vol vers l'Egypte "n'ont pas été fournis jusqu'à présent aux services de sécurité égyptiens".

Une conférence de presse du responsable égyptien de l'enquête et du ministre de l'Aviation civile devait par ailleurs avoir lieu à 15H00 GMT.

La Russie, d'abord restée prudente face à la thèse d'un attentat, a ordonné vendredi la suspension de ses vols civils vers l'Egypte.

Le président Vladimir Poutine et son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi ont toutefois convenu de renforcer la coordination en matière de sécurité aérienne afin de permettre la reprise des vols russes vers l'Egypte dès que possible, selon la présidence égyptienne.

M. Poutine a également demandé "le rapatriement des citoyens russes". Le vice-Premier ministre Arkady Dvorkovich, en charge de ce dossier, a indiqué que les touristes qui souhaitaient être rapatriés ne pourraient partir qu'avec leur "bagage à mains le plus nécessaire".

A ces fins, la compagnie nationale Aeroflot a envoyé à vide son vol du vendredi soir à destination du Caire, selon l'agence Interfax.

Le rapatriement a commencé pour les 20.000 citoyens britanniques présents à Charm el-Cheikh, station balnéaire dans le sud du Sinaï.

Huit vols transportant environ 1.400 touristes ont atterri vendredi et dans la nuit au Royaume-Uni. Il sont rentrés avec des bagages à main, les autres plus volumineux devant leur être envoyés ultérieurement.

Ben Khosravi, 27 ans, qui a atterri à Londres-Luton, se montrait très critique sur le dispositif de sécurité à l'aéroport de Charm el-Cheikh. "On a des amis qui avaient des briquets dans les poches, les agents vous palpaient mais ne vous demandaient pas de retirer les objets (des poches) (...) C'était inquiétant de voir avec quelle facilité on pouvait passer (le contrôle). Vous pouviez payer des gens pour passer plus vite", a-t-il déclaré.

Sept vols étaient prévus samedi au départ de Charm el-Cheikh vers la Grande-Bretagne.

A Washington, le ministre américain de la Sécurité intérieure a annoncé que "certains" aéroports du Moyen-Orient avaient été priés de renforcer leurs mesures de sécurité pour les vols en direction des Etats-Unis, par "précaution".

Après les premières déclarations jugeant probable la thèse de l'attentat, plusieurs compagnies étrangères dont les britanniques avaient suspendu leurs vols vers et en provenance de Charm el-Cheikh alors que la France, la Belgique et le Danemark ont déconseillé à leurs ressortissants de s'y rendre.

Ce drame risque de porter un nouveau coup dur au tourisme en Egypte, un pays déjà affecté par des années d'instabilité depuis la chute de Hosni Moubarak à l'issue d'une révolte populaire en 2011.