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Face à la victoire du Républicain Donald Trump, qui remue les relents extrémistes tant dans son pays que sur le Vieux Continent, la plupart des dirigeants européens n’ont eu d’autre choix que de faire excès de politesse. Ainsi, Jean-Claude Juncker, président de la Commission, et Donald Tusk, à la tête du Conseil européen, ont-ils félicité mercredi le nouveau président des Etats-Unis, l’invitant à se rendre en Europe pour un sommet entre les deux puissances. La chancelière Angela Merkel a appelé à "travailler étroitement avec Donald Trump", rappelant malgré tout certaines valeurs de l’Allemagne et des Etats-Unis. Tandis que la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, lançait, dans un élan d’optimisme, que "les liens UE-USA sont plus profonds que tout changement de politique".

Côté Parlement européen, le ton était bien plus dramatique. Le phénomène Trump est un "virus qui se propage dans l’Union et aux Etats-Unis", pour le groupe des socialistes et démocrates. "Une sonnette d’alarme", pour les libéraux. "Une piqûre de rappel", pour les conservateurs. Une panoplie d’expressions qui ont pour but commun d’appeler à une Union plus forte et solidaire, en réaction à l’arrivée d’un personnage dont la présidence s’annonce haute en couleur. "La victoire de Trump active ce réflexe paranoïaque de dire que l’Union est menacée de toutes parts parce que le président russe Poutine est dans une dérive autoritaire, comme son homologue turc. En Chine, les choses ne s’améliorent pas et même aux Etats-Unis les choses deviennent bizarres", observe Olivier Costa, du Collège d’Europe.

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