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L'ex-favorite à l'élection présidentielle brésilienne de dimanche, l'écologiste Marina Silva, a été dépassée par le social-démocrate Aecio Neves, qui la priverait de second tour face à la présidente Dilma Rousseff, selon un sondage publié samedi.

Selon ce sondage CNT rendu public à la veille du premier tour de scrutin, le candidat du Parti social-démocrate brésilien (PSDB) obtient 24% des intentions de vote contre 21,4% à Mme Silva.

La présidente sortante, Dilma Rousseff, qui brigue la réélection pour le Parti des Travailleurs (PT, gauche) reste stable avec 40,6% des intentions de vote et une large avance, selon ce sondage réalisé par l'entreprise MDA et commandé par la Confédération nationale du Transport CNT).

Ce sondage CNT, qui présente une marge d'erreur de +/-2,%, confirme l'ascension de M. Neves et la baisse dans les intentions de vote de Mme Silva.

En cas de second tour entre Mme Rousseff et M. Neves, la présidente sortante l'emporterait, avec 46% des suffrages contre 40,8% au social-démocrate, soit une avance de 5,2 points, selon le sondage.

Face à Marina Silva, la présidente sortante l'emporterait par 47,6% des voix contre 37,9% (soit 9,7 points d'avance).

Dans deux sondages publié jeudi soir, Marina Silva, était déjà concurrencée par Aecio Neves mais maintenait légèrement l'avantage en cas de ballotage avec Mme Rousseff.

Marina Silva, propulsée de manière inattendue dans la bataille présidentielle brésilienne, après la mort dans un accident d'avion en août de son allié, le candidat du Parti socialiste brésilien Eduardo Campos, avait déclenché un tsunami, au point d'être largement donnée victorieuse sur Mme Rousseff en cas de second tour.

Mais elle a ensuite régulièrement perdu du terrain face à la contre-offensive musclée de Mme Rousseff, et la campagne de terrain des puissantes machines électorales du PT et du PSDB, qui dominent la vie politique brésilienne depuis 20 ans.

Le sénateur et ancien gouverneur de l'Etat de Minas, Aecio Neves, est un pur produit du PSDB de l'ex-président Fernando Henrique Cardoso.

Soutenu par les milieux d'affaires, mais peu connu du grand public brésilien hors de ses terres électorales, il a été longtemps relégué à la troisième place des sondages, loin derrière les deux favorites. Mais il n'a cessé de gagner du terrain en fin de campagne.

Elections Brésil: plus de 400.000 policiers et militaires mobilisés

Plus de 400.000 hommes des forces de l'ordre dont 30.000 militaires de l'armée de terre, de l'air et de la marine ont été mobilisés pour assurer la tranquillité des élections présidentielle et législatives de dimanche au Brésil, a indiqué le Tribunal supérieur électoral (TSE).

Cité par la chaîne de TV Globo news samedi, le TSE a autorisé l'envoi de troupes dans 254 communes de 11 des 27 Etats fédérés, en Amazonie notamment et à Rio de Janeiro, où en début de semaine des affrontements entre trafiquants de drogue et forces de l'ordre se sont soldés par cinq morts.

Lors des élections de 2010, le TSE avait autorisé l'envoi de troupes dans 256 communes de 12 Etats.

A Rio de Janeiro, le gouverneur Luiz Fernando Pezao, a dirigé une réunion jeudi où il a été décidé de renforcer les actions policières.

Selon le responsable de l'ordre public de Rio, José Mariano Beltrame, les groupes criminels ont tendance à multiplier leurs actions à l'approche des rendez-vous électoraux.

Dès vendredi, 30.000 policiers ont été déployés dans les rues de tout l'Etat de Rio dont 2.500 policiers et militaires dans le complexe de favelas de la Maré (zone nord), près de l'aéroport international.

Les forces de l'ordre seront présentes également aux abords des 5.400 bureaux de vote de tout l'Etat pour éviter tout délit électoral comme l'achat de vote ou le fait de faire de la propagande électorale à moins de 50 mètres de ces centres de vote.

En Amazonie, outre l'envoi de troupes pour assurer la sécurité des élections, les militaires aideront aussi dans la logistique. Dans 88 communes, dont de nombreux villages indigènes, les militaires aideront à transporter en avion les urnes électroniques et le personnel de la justice électorale dans ces régions reculées et d'accès difficile.

Dans l'Etat de Santa Catarina (sud du Brésil), où depuis le 26 septembre au moins 26 autobus ont été incendiés et des commissariats de police attaqués, des soldats d'élite de la Force Nationale sont arrivés samedi à l'aube à Florianapolis (capitale de l'Etat) sur ordre du ministre de la justice José Eduardo Cardozo. Selon la police, citée par le site G1 de Globo, ces attaques sont ordonnées par des détenus du complexe pénitencier de Sao Pedro de Alcantara, situé en banlieue de Florianopolis.

Plus de 142,8 millions d'électeurs de la République fédérale du Brésil - où le vote est obligatoire - sont appelés dimanche aux urnes pour élire leur président, 27 gouverneurs, 513 députés nationaux, 1.069 députés fédéraux, et 27 sénateurs (un tiers du sénat).