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"J’en ai écrit, vous savez, des tribunes, des articles scientifiques…" , soupire Olivier De Schutter, alors qu’il quitte son quartier d’Ixelles en direction de Libramont, première halte de sa journée de campagne. Rien n’y a fait. À son estime, ni la Belgique, ni l’Europe n’ont encore pris conscience de l’urgence climatique, du moins pas assez pour décider de se lancer dans une réelle transition écologique et sociale. À défaut d’avoir pu faire bouger le monde politique par ses écrits, cet éminent chercheur, végétarien, propriétaire d’une vieille voiture qu’il ne remplacera plus, tente désormais de le rejoindre, occupant la troisième place sur la liste européenne d’Écolo. Une place de combat puisque les sondages ne prédisent que deux sièges aux verts francophones belges dans l’hémicycle européen. "Au moins, je pourrai dire que j’ai tout essayé" , explique sereinement ce père de trois adolescents, se félicitant de ne pas jouer dans cette campagne une quelconque carrière politique.