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Ce fut une journée apocalyptique mardi sur les places financières internationales. Dès que les premières informations sur les attentats commis contre le WTC et le Pentagone sont sorties, les indices ont commencé à chuter brutalement.

Partout, c'était la consternation. Les opérateurs restaient sans voix devant les dramatiques événements et s'interrogeaient déjà sur leur impact sur l'économie mondiale.

DES PERTES ENTRE 5 ET 10 PC

Situé tout près des tours, le New York Stock Exchange (NYSE) a été fermé toute la journée et rien ne laissait savoir si la bourse new-yorkaise rouvrirait ce mercredi.Le président de la Securities and Exchange Commission (SEC), Harvey Pitt, a annoncé que les marchés des valeurs mobilières américains avaient décidé de ne pas ouvrir et que les transactions reprendraient «dès que cela sera possible»

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La dernière fermeture du NYSE, lors d'un jour normalement ouvré, remonte au 27 avril 1994, à l'occasion des obsèques de l'ancien président Richard Nixon.

Déjà malmenées depuis plusieurs mois à cause du sévère ralentissement économique dans le monde, toutes les Bourses européennes ont clôturé sur des baisses oscillant entre 5 et 10 pc. Paris, qui était en hausse de 1,15 pc juste avant les événements américains, a terminé sur une perte de 7,39 pc, l'indice Cac 40 tombant à 4 059,75 points, au plus bas depuis mars 1999. Sur un an le recul des valeurs françaises atteint 41,4 pc.

La Bourse de Londres, qui a été évacuée par précaution, a fini sur un recul de 5,72 pc. Zurich a abandonné 7,07 pc, Milan 7,8 pc et Amsterdam 6,95 pc. La baisse était de 10 pc à Stockholm.

SECTEUR DE L'ASSURANCE MALMENÉ

A Francfort, où le bâtiment a été évacué après une alerte à la bombe, la déroute était également spectaculaire, avec une chute de 8,3 pc.

A Bruxelles, L'indice Bel 20 a abandonné 5,46 pc à 2 581,19 points. C'est sa plus forte baisse depuis 10 ans. Tous les secteurs ont été touchés, dont notamment la valeur vedette Fortis, qui a perdu plus de 7 pc.

Sur toutes les places financières, les valeurs du secteur de l'assurance étaient mises à mal, les investisseurs redoutant le poids des attentats sur les résultats de ces compagnies. Axa a abandonné plus de 13 pc à Paris, Allianz cédait 10,27 pc à Francfort et le premier réassureur mondial, Munich Ré, perdait 14,68 pc. Les compagnies aériennes cotées en Bourse, dont notamment la Lufhtansa et Air France, ont aussi été fortement touchées. En revanche, les valeurs pétrolières étaient en légère hausse dans la foulée de la remontée du pétrole (lire ci-contre).

VALEURS REFUGES

Comme toujours en situation de guerre, les investisseurs se sont rabattus sur les valeurs refuges et donc sur l'or. Le prix de l'once a bondi de 20 dollars à 291 dollars, son plus haut niveau depuis juin 2000.Les investisseurs tétanisés et rivés sur leurs écrans ont aussi acheté en masse des obligations d'Etat, qui apparaissent comme des placements plus sûrs que les actions. «On a assisté à une fuite vers la qualité»

A commenté une opératrice, précisant toutefois qu'il n'y a quasiment plus eu d'intervenants sur le marché obligataire après les explosions.

La hausse des cours des obligations a automatiquement fait baisser les rendements d'environ 10 points de base. Le rendement du Bund allemand à 10 ans s'affichait à 4,744 pc contre 4,858 pc lundi.

Les banques centrales n'ont pas tardé à réagir pour éviter la catastrophe. La Réserve fédérale américaine (Fed) s'est dite prête mardi à fournir les liquidités nécessaires aux banques, selon un bref communiqué publié sur son site internet. «La Réserve fédérale est ouverte et fonctionne. Des prêts aux taux d'escompte sont disponibles pour satisfaire les besoins de liquidités», indique la banque centrale dans son communiqué.La Banque centrale européenne (BCE), qui tient jeudi sa traditionnelle réunion bimensuelle, s'est aussi dite prête mardi soir à fournir des liquidités aux marchés financiers si cela s'avère nécessaire.

© La Libre Belgique 2001