International Entretien

La ministre française de l’Enseignement supérieur et de la Recherche était de passage, lundi, en Belgique. Dans l’entretien qu’elle a accordé à "La Libre" à cette occasion, Valérie Pécresse détaille le plan qu’elle met en place pour décourager les jeunes Français de venir en masse étudier en Belgique francophone. Les étudiants français sont en effet nombreux chez nous, essentiellement dans les filières médicales et paramédicales. Une manière, pour eux, de contourner les concours existant en France. En Communauté française, cet afflux ne va pas sans poser problème (surpopulation des auditoires, qualité des soins menacée ) et a poussé le gouvernement à fixer des quotas (le fameux décret "non-résidents").

L’Autriche connaissant le même problème avec les étudiants allemands, des discussions sont menées au niveau européen. Mais Mme Pécresse voit une partie de la solution à ce problème au sein même de l’enseignement supérieur français. "En France, nous avons un système d’études trop fondé sur la sélection par l’échec, typiquement dans les études médicales et paramédicales (médecine, pharmacie )", explique la ministre. "Mais j’essaie de réformer tous les cursus qui conduisent les jeunes à l’impasse. Pour la première année d’études, nous avons fusionné médecine et pharmacie et nous avons donc un cursus de santé. Je souhaite qu’à la fin de ce cursus, on place tous les concours paramédicaux, de façon à ce que tous ceux qui n’obtiennent pas les premières places (qui mènent à médecine, dentisterie, sage-femme ) puissent également passer en infirmière, en kiné Et je voudrais aussi que les universités nous proposent en deuxième année des diplômes pluridisciplinaires en économie-gestion, en droit, en sciences, etc., de façon à ce qu’un élève qui a réussi sa première année de santé puisse faire un diplôme de droit de la santé, d’économie de la santé, de sciences et santé, et qu’il ne soit pas obligé de redoubler. Et on créera aussi des passerelles de retour en médecine. Avec un bac + 5, on pourra repasser le concours de médecine. Cela redonnera de l’attractivité aux études médicales françaises. Quand on aura construit cela, je pense que le système belge sera moins attractif pour les Français."

Reste à voir si cela sera suffisant pour décourager les Français qui se sentent une vocation de médecin de passer la frontière pour se former...