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Comme le prédisaient les sondages, il semble que le Brexit Party, le nouveau parti créé par le député européen Nigel Farage, ait remporté aisément l’élection européenne. Selon l’agrégateur de sondages Britain Elects, il aurait en effet recueilli 31,6 % des votes, parvenant à attirer la quasi-intégralité des votes pro-Brexit dur. L’Ukip (le parti pour l’indépendance du Royaume-Uni), qui a pris un tournant très à droite depuis le départ de son ancien leader – ledit Nigel Farage – après le référendum du 23 juin 2016, n’est crédité que d’environ 4 % des voix.

Face à eux, les trois partis favorables à la tenue d’un second référendum (les libéraux-démocrates, les verts et Change UK) se sont présentés en ordre dispersé. Ils espéraient néanmoins obtenir un bon score afin d’influencer les choix du futur Premier ministre.

Cet enjeu a abouti à des tactiques électorales sans précédent. Député libéral-démocrate de la circonscription de St Ives and Scilly dans la Cornouailles entre 1997 et 2015, Andrew George continue à être très actif en faveur de son parti. “Nous concentrons normalement nos efforts dans les quartiers qui nous sont défavorables pour tenter de convaincre leurs habitants de voter pour nous”, nous a-t-il précisé il y a dix jours. “Cette fois, nous ne voulons surtout pas aller les voir car notre message anti-Brexit pourrait les agacer et les encourager à sortir voter pour le Brexit Party de Nigel Farage. Nous allons au contraire motiver nos électeurs traditionnels pour qu’ils se rendent aux urnes.” Cette tactique a visiblement fonctionné : selon Britain Elects, les trois partis favorables à un second référendum ont obtenu un résultat cumulé proche de celui des deux formations soutenues par les Brexiters radicaux.

Les Tories boivent la tasse

Toujours selon Britain Elects, le Parti conservateur et le Parti travailliste rassemblent moins d’un tiers des votes, une première historique dans le cadre d’un scrutin national. Le Labour arrive en deuxième position avec 19,1 % des voix contre 24,4 % en 2014. Il devance donc les libéraux-démocrates (18,9 %) et ne part pas à la dérive comme c’est le cas pour les conservateurs : ceux-ci recueillent 12,4 % des votes contre 23,1 % il y a cinq ans. Les électeurs semblent vouloir punir ces deux partis respectivement pour ne pas avoir concrétisé le Brexit et pour ne pas présenter de ligne claire sur le Brexit.

Responsable de la politique économique du Labour, John McDonnell a tenu à défendre dimanche matin la ligne de son parti : “Cela aurait été facile de suivre un camp, celui des partisans d’un maintien dans l’UE, et d’ignorer tous ceux qui ont voté pour sortir. Mais ce n’est pas la nature de notre parti. Nous sommes le parti qui essaie de rassembler les gens.”