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Depuis l'annonce de son renoncement à la prochaine élection présidentielle, beaucoup se posent la question: que fera François Hollande après mai 2017 ? Un retour sur les bancs de l'Assemblée ? Trop peu honorifique pour un ancien président. Reprendre la tête du Parti Socialiste ? Peu crédible après l'avoir divisé pendant son mandat. Se contenter du poste au Conseil constitutionnel dévolu à chaque ancien président ? Peut-être pas assez motivant pour lui.

Le Parisien croit savoir que c'est un autre poste que convoite le chef de l'Etat français: la tête du Conseil européen. Dans le triangle institutionnel européen, il s'agit de l'organe qui réunit (en grandes pompes, il faut le dire), l'ensemble des chefs d'Etats et de gouvernements de l'Union européenne pour discuter des grandes orientations à venir pour l'UE. Un poste honorifique, mais qui peut avoir son importance. Un poste qu'un ancien chef de gouvernement bien connu chez nous avait occupé de 2010 à 2014 : Herman Van Rompuy.

Bref, selon le quotidien français, François Hollande songerait secrètement à succèder à Donald Tusk, dont le mandat se termine... en mai 2017, date de l'élection du prochain président de la République. Se revendiquant fils spirituel du très européen Jacques Delors, François Hollande souhaiterait lui aussi occuper un poste prestigieux à l'Europe. Jacques Delors, lui, avait occupé le poste de président de la Commission européenne entre 1985 et 1995. Il avait légué au continent, notamment, un fameux héritage : le Traité de Maastricht, à la base du marché unique.

D'après le Parisien, cette ambition de François Hollande est "l'un des secrets les mieux gardés de l'Elysée. Le niveau de confinement est quasi nucléaire. Seule une poignée de proches du président a été mise dans la confidence. À tous, il a demandé le silence absolu." Le quotidien ajoute qu'il aurait même sondé son entourage sur la question, avant même son discours de renoncement à la prochaine élection le 1er décembre.

François Hollande se verrait même déjà dans le poste confie un proche du président au Parisien. Lundi, après les attaques de Donald Trump à l'encontre de l'Europe, le président Hollande s'est érigé en défenseur de l'Union. "L'Europe n'a pas besoin de conseils extérieurs pour lui dire ce qu'elle a à faire !"

Reste que deux grosses difficultés se lèvent face au futur ex-président. D'une part, le président du Conseil européen est proposé par le président du pays en question. Et dans le cas où François Fillon, actuellement en tête des sondages, l'emporte, on l'imagine mal faire ce cadeau à l'autre François. D'autre part, une fois la proposition faite par le pays du candidat, celui-ci est désigné à la majorité des 28 dirigeants de l'Union européenne. Une Union qui penche pour l'instant beaucoup plus à droite qu'à gauche... malgré le soutien que l'on peut attendre de la part d'Angela Merkel.