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L'homme soupçonné d'avoir ouvert le feu vendredi dans un train Thalys entre Amsterdam et Paris, blessant trois personnes, a embarqué à la gare de Bruxelles-Midi vers 17H50, a indiqué vendredi soir la responsable communication de Thalys Eva Mertens, citant la police française. Le suspect a ouvert le feu à hauteur d'Oignies en Haute-Picardie (France).

"Le train est arrivé à la gare d'Arras, où les blessés ont immédiatement été transférés vers l'hôpital. Tous les voyageurs ont été pris en charge à Arras et une cellule psychologique a été ouverte", précise la porte-parole de la compagnie ferroviaire.

En concertation avec les autorités, les voyageurs seront réacheminés à leurs destinations. "Thalys souhaite remercier vivement les militaires intervenus et les passagers qui ont fait preuve de calme."

Les mesures de sécurité seront renforcées dans les Thalys au cours des prochains jours, mais la compagnie n'a pas souhaité donné de détails à ce propos.


Un suspect identifié

La section antiterroriste du parquet de Paris a annoncé qu'elle se saisissait de l'enquête "au vu de l'armement utilisé, du déroulé des faits et du contexte". Une source policière française a indiqué que le suspect faisait l'objet d'une fiche des services de renseignements.

Selon les tout premiers éléments de l'enquête, il est Marocain ou d'origine marocaine et serait âgé de 26 ans. Le parquet antiterroriste de Paris s'est saisi de l'enquête.

Son état-civil doit encore être vérifié et si son identité est confirmée, cet homme faisait l'objet d'une fiche visant les personnes ayant notamment des liens avec le terrorisme mais qui ne sont pas forcément surveillées, souligne-t-on de même source. Des centaines de personnes font l'objet de ce type de fiche.

Parmi les victimes, "une personne a été très grièvement blessée, son pronostic vital est engagé" et une deuxième est "moins grièvement atteinte", a expliqué le porte-parole du ministère français de l'Intérieur Pierre-Henry Brandet sur la chaîne BFMTV. La victime la plus gravement touchée est de nationalité britannique, selon une source policière.

L'acteur français Jean-Hugues Anglade aurait été légèrement blessé, a affirmé à l'AFP un témoin ayant requis l'anonymat, ce que la famille de l'acteur a confirmé à la radio RTL. Il se serait blessé accidentellement.

Un précédent bilan faisait état de trois blessés.


Des témoignages glaçants

En début de soirée, de 150 à 200 passagers se trouvaient sur le parvis de la gare d'Arras, avec leurs valises, en présence d'un grand nombre de policiers, d'un véhicule du SAMU et de pompiers, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Nous étions dans le train et nous avons senti qu'il ralentissait peu avant Arras. Trente minutes plus tard, il s'est arrêté totalement. Une fois en gare, on est resté 15 minutes bloqué. Ensuite, il y a eu un message dans le train nous disant qu'une intervention de la police était en cours. On est sorti du Thalys et on a vu des blessés sur le quai", ont témoigné à l'AFP Maxime Vialat, et Charlotte Bosse, 20 ans.

Un passager du Thalys où se sont produits les faits, Patrick Arrès, 51 ans, a dit avoir "vu quatre-cinq personnes de la SNCF, planquées derrière le talus, en train de pleurer. On s'est dit: +il se passe quelque chose+. Puis le Thalys s'est arrêté plus loin, à Arras".

A la gare d'Arras, "on a vu aussi trois-quatre policiers avec des flingues, très menaçants, qui passaient devant toutes les rames. Ils cherchaient quelqu'un, les gens avaient peur", a-t-il dit.


Maîtrisé par deux militaires américains

L'auteur des tirs a été maîtrisé en sortant des toilettes, par deux militaires américains qui l'auraient entendu recharger une arme dans les toilettes, selon les tout premiers éléments de l'enquête. Il était en possession d'une ou deux armes à feu, dont l'une qui pourrait être un fusil d'assaut kalachnikov.

Cet homme a été interpellé peu après 16H00 GMT et placé en garde à vue. "On ne connaît ni l'identité de l'individu ni ses motivations", a expliqué M. Brandet selon lequel "parler pour l'instant d'une piste terroriste, c'est prématuré".

Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve devait se rendre sur place tandis que le président François Hollande a assuré dans un communiqué que "tout est mis en oeuvre pour faire la lumière" sur ces tirs. "Les voyageurs sont en sécurité, la situation est maîtrisée. Le train est à l'arrêt et les services d'urgence sont sur place" a twitté Thalys, filiale de la SNCF (chemins de fer français), de son homologue belge SNCB et de l'Allemand Deutsche Bahn.

Le porte-parole de la SNCF, Christophe Piednoël, a précisé que la SNCF avait mis en place une prise en charge psychologique.


Renforcement des mesures de sécurité spécifiques en Belgique dès ce vendredi soir

Dès ce vendredi soir, les mesures de sécurité spécifiques seront renforcées en Belgique, a indiqué le porte-parole du Premier ministre à la suite de l'attaque armée qui s'est produite vendredi peu après 18h00 dans le Thalys qui reliait Amsterdam à Paris. Charles Michel a immédiatement convoqué le Comité stratégique du renseignement et de la sécurité en vue d'évaluer le niveau de la menace terroriste. Le Premier ministre, en concertation avec le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, a ensuite demandé un renforcement des mesures de sécurité spécifiques.

"Charles Michel et l'ensemble des autorités belges sont en contact avec les autorités néerlandaises et françaises. Le Premier ministre s'est d'ailleurs entretenu avec le président français François Hollande exprimant leur volonté de renforcer la coopération dans la lutte contre le terrorisme entre la Belgique et la France", a précisé Frédéric Cauderlier.

"Je condamne l'attaque terroriste dans le Thalys et fais part de ma sympathie pour les victimes", a tweeté Charles Michel.