International Les dirigeants du G8 ont de nouveau discuté mardi de la Syrie et semblaient proches d'un accord sur une déclaration commune malgré les divergences entre les Occidentaux et la Russie, a-t-on appris de sources diplomatiques.

Après avoir évoqué la lutte contre le terrorisme, les huit chefs d'Etat et de gouvernement "ont repris la discussion" sur la Syrie, a indiqué un diplomate en milieu de matinée.

Un autre diplomate a souligné qu'un accord semblait en vue sur le contenu du communiqué commun qui doit être publié à l'issue du sommet en milieu d'après-midi, selon ces sources.

Ce communiqué devrait se concentrer sur les questions les moins polémiques, comme le soutien à l'organisation d'une conférence internationale de paix, dite Genève 2, dans les prochaines semaines.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, hôte du sommet, avait établi une liste de cinq points de discussion: l'accès de l'aide humanitaire en Syrie, la lutte contre l'extrémisme, le rejet de l'utilisation des armes chimiques, la recherche d'une transition démocratique sur le modèle libyen et la constitution d'un pouvoir exécutif après cette transition, a souligné un de ces responsables.

Ces sujets ont été notamment abordés lundi soir au cours d'une "discussion très franche" durant le dîner entre les huit dirigeants.
Lundi soir, des responsables britanniques avaient évoqué la possibilité d'une déclaration à sept (Etats-Unis, Canada, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie et Japon) si aucun terrain d'entente n'était trouvé avec le président russe Vladimir Poutine, dont le pays est le principal allié du régime de Bachar al-Assad.

Evasion fiscale: le G8 promet la transparence sur les sociétés écrans

Les huit grands puissances industrielles s'engagent à faire toute la transparence sur les sociétés écrans et les trusts, trous noirs de la finance mondiale, pour combattre l'évasion fiscale, selon le projet de déclaration du sommet du G8 en Irlande du Nord obtenu mardi par l'AFP. Dans une "déclaration de Lough Erne", du nom du site où sont réunis depuis lundi les chefs d'Etat et de gouvernement, le G8 appelle les pays du monde entier à "échanger automatiquement les informations pour combattre le fléau de l'évasion fiscale".

Les grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Japon, France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni et Canada) s'engagent également, dans le communiqué final qui devait être publié mardi après-midi, à faire de cet "échange automatique", considéré comme l'arme fatale contre les paradis fiscaux, le "nouveau standard mondial". Ils entendent aboutir à "un vrai modèle mondial unique d'échange automatique multilatéral et bilatéral, sur la base des systèmes existants".

Pour éviter que les multinationales comme Google, Apple, Starbucks ou Amazon échappent à l'impôt par le biais de mécanismes sophistiqués d'optimisation fiscale, le G8 promet de créer un "modèle commun" pour qu'elles "communiquent aux autorités fiscales où elles réalisent des bénéfices et pays des taxes à travers le monde". Ce "reporting pays par pays" n'est toutefois pas décrit comme contraignant.

Le but est que la loi, à l'avenir, "n'autorise ni n'encourage les multinationales à réduire leur impôts au niveau mondial en transférant artificiellement leurs bénéfices dans des juridictions à faible pression fiscale".

Le communiqué final du sommet du G8 prévoit également la publication par chaque Etat membre de "plans d'actions nationaux" pour que "l'information sur qui détient et profite réellement des sociétés et des trusts soit accessible" pour les administrations fiscales.

Jusqu'au bout, il n'était pas certain que le communiqué s'attaque aux trusts, cette entité juridique anglosaxonne qui permet de dissimuler les bénéficiaires d'un placement offshore rendant inefficace tout effort de lutte contre les paradis fiscaux.

En revanche, les organisations non gouvernementales n'ont pas obtenu gain de cause sur leur revendication principale: la création de registres publics, ouverts à tous, avec ces informations sur les bénéficiaires des sociétés.

La déclaration mentionne seulement la possibilité, pour les pays, de créer des "registres centraux", vraisemblablement réservés aux administrations fiscales.