Gbagbo: "je souhaite qu'on arrête les armes"

AP Publié le - Mis à jour le

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International L'ex-chef d'Etat ivoirien Laurent Gbagbo a souhaité lundi soir "qu'on arrête les armes" et "qu'on rentre dans la partie civile de la crise" dans une déclaration diffusée après son arrestation sur la télévision TCI du nouveau président Alassane Ouattara.

"Je souhaite qu'on arrête les armes et qu'on rentre dans la partie civile de la crise, et qu'on conclue rapidement pour que le pays reprenne", déclare Laurent Gbagbo.

Sur des images, diffusées dans un premier temps sans son par la chaîne TCI, on voit M. Gbagbo entrer dans une chambre, s'asseoir sur un lit, entouré de plusieurs hommes debout avec lesquels il converse.

Parmi eux, son fils Michel, le ministre de l'Intérieur de M. Ouattara, Hamed Bakayoko, et le commandant Issiaka Ouattara, dit "Wattao", un des chefs militaires des forces pro-Ouattara.

L'un des hommes l'aide à retirer sa chemise, ouverte sur un débardeur blanc, son fils lui tend une serviette blanche avec laquelle il éponge son visage en sueur ainsi que ses aisselles, puis on l'aide à enfiler une autre chemise, de couleur verte, aux motifs africains.

D'autres images montrent son épouse Simone Gbagbo, décoiffée, et escortée par des hommes non identifiés.

Gbagbo arrêté dans sa résidence à Abidjan

Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo a été arrêté lundi à l'issue d'une offensive généralisée sur sa résidence à Abidjan des forces de son rival Alassane Ouattara, appuyées par les moyens aériens et blindés des forces françaises et de la mission des Nations Unies (Onuci).

"Laurent Gbagbo a été arrêté par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI, pro-Ouattara) et conduit à l'Hôtel du Golf (QG du camp Ouattara) par les FRCI", a déclaré à l'AFP l'ambassadeur de France, Jean-Marc Simon.

M. Gbagbo, 65 ans, au pouvoir depuis 2000, a été arrêté en compagnie notamment de son épouse Simone, considérée comme une "dure" du régime, et de son fils Michel, né d'un premier mariage.

La télévision pro-Ouattara TCI a diffusé des images de l'ex-président, qui était retranché dans sa résidence face à l'offensive des forces pro-Ouattara entrées dans Abidjan le 31 mars, en bonne santé mais l'air visiblement fatigué. Il a selon des sources concordantes été examiné par un médecin.

Sur ces images sans son on voit M. Gbagbo entrer dans une chambre, s'asseoir sur un lit, entouré de plusieurs hommes debout avec lesquels il converse. Parmi eux, son fils Michel, le ministre de l'Intérieur de M. Ouattara, Hamed Bakayoko, et le commandant Issiaka Ouattara, dit "Wattao", un des chefs militaires pro-Ouattara.

D'autres images montrent son épouse Simone Gbagbo, décoiffée, et escortée par des hommes non identifiés. L'ONU a annoncé par la suite que leur sécurité était assurée par des gendarmes de l'Onuci.

"Le cauchemar est terminé" pour les Ivoiriens, a déclaré sur TCI Guillaume Soro, Premier ministre d'Alassane Ouattara. "Après d'âpres combats, encerclés et vaincus, M. Gbagbo et son épouse Simone Gbagbo viennent de se rendre et sont à présent aux arrêts", a-t-il dit.

Il a appelé au "ralliement" les forces restées fidèles à l'ex-président, promettant qu'il n'y aurait pas de "chasse aux sorcières". M. Gbagbo "sera présenté devant la justice pour les crimes qu'il a commis", a de son côté déclaré à New York l'ambassadeur (pro-Ouettara) de Côte d'Ivoire auprès de l'ONU, Youssoufou Bamba.

Cette arrestation, au douzième jour de la bataille d'Abidjan, fait suite à une soirée et une journée de frappes menées par les hélicoptères de l'Onuci et de la force française Licorne sur la résidence présidentielle, située à Cocody (nord), et la présidence, dans le quartier administratif du Plateau (centre).

Ces raids visaient officiellement les armes lourdes du camp Gbagbo menaçant les civils, conformément à la résolution 1975 du conseil de sécurité de l'ONU. Les combats ont fait rage dans le quartier résidentiel de Cocody, où se trouve la résidence présidentielle, qui jouxte celle de l'ambassadeur de France, et a été partiellement détruite selon un proche de M. Gbagbo. Dans l'après-midi, des blindés de Licorne et de l'Onuci ont été engagés dans la zone.

Au sol, les forces pro-Ouattara, qui avaient à plusieurs reprises depuis leur entrée dans Abidjan le 31 mars échoué à briser la résistance de leurs adversaires, étaient ensuite reparties à l'offensive. Paris et l'ONU ont toujours insisté que leur mission n'était pas de renverser Laurent Gbagbo, dont le camp les accusait de vouloir "assassiner" le président sortant, qui n'a jamais reconnu sa défaite --pourtant certifiée par l'ONU-- face à M. Ouattara à la présidentielle de novembre.

Une source diplomatique française a d'ailleurs insisté sur le fait que Laurent Gbagbo n'avait "pas (été arrêté) par les forces spéciales françaises, qui ne sont pas rentrées dans l'enceinte de la résidence". Une source au ministère français de la défense reconnaissait cependant que l'Onuci et Licorne avaient agi "en soutien de l'opération" d'arrestation. Après celle-ci, le président français Nicolas Sarkozy s'est "longuement" entretenu par téléphone avec M. Ouattara, 69 ans, dont l'élection avait été reconnue par la communauté internationale.

Lundi matin, Paris a justifié les tirs en disant être intervenu à la demande expresse du secrétaire général des Nations unies. Ban Ki-moon avait indiqué dimanche soir avoir ordonné des tirs pour neutraliser les armes lourdes du camp Gbagbo.

Les combats ont précipité Abidjan, capitale économique dont la population est évaluée à quatre millions d'habitants, au bord d'une catastrophe humanitaire. "Nous avons de très vastes mouvements de population d'un quartier à l'autre car aucun quartier n'est vraiment sécurisé", a déclaré le coordonnateur humanitaire entre les agences de l'ONU et des ONG, Ndolamb Ngokwey, contacté au téléphone depuis Paris.

"Beaucoup de personnes m'ont raconté qu'il y avait beaucoup de cadavres qui jonchaient les rues, et pas seulement dans le quartier des ambassades", a-t-il dit.

La situation est également très difficile dans l'intérieur du pays, notamment dans l'Ouest où les combattants des deux camps ont été accusés d'exactions par l'ONU et des ONG, massacres, exécutions sommaires et viols.

AP

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