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La mobilisation des "gilets jaunes" était en net recul samedi dans toute la France, avec quelque 66.000 manifestants en tout.

Les forces de l'ordre ont procédé à 157 interpellations dont plus d'une centaine de gardes à vue samedi à Paris, bien loin des 581 interpellés et 423 gardés à vue de samedi dernier.

Tensions

La police a actionné un canon à eau en fin d'après-midi pour disperser les manifestants encore rassemblés sur l'avenue des Champs-Elysées, seul point sensible observé samedi à Paris, ont constaté des journalistes de l'AFP. A la tombée de la nuit, les forces de l'ordre tentaient d'évacuer les quelque 300 à 400 manifestants encore rassemblés sur l'avenue parisienne, quadrillée par un important dispositif de sécurité, et où la circulation est toujours fermée. Outre l'utilisation d'un lanceur d'eau, les forces de l'ordre ont recours à des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants.

Des échauffourées ont éclaté entre les forces de l'ordre et des manifestants rassemblés à proximité de l'avenue des Champs-Elysées, devenu un épicente de la mobilisation depuis le 17 novembre. Dans un face-à-face tendu, des forces de l'ordre, encerclées, sifflées et parfois caillassées, ont répliqué par des tirs de balles de défense et de grenades lacrymogènes pour repousser des "gilets jaunes". Des bouteilles et des pavés ont été jetés sur des forces de l'ordre, mais la situation restait contenue, bien loin des violents heurts observés lors des deux week-ends précédents dans ce même secteur. Environ 500 "gilets jaunes" ont investi l'avenue des Champs-Elysées, quadrillée par un important dispositif de sécurité, et où la circulation est toujours fermée.


Participation en baisse

En région, la participation était en retrait, notamment à Rennes, Caen ou Lyon, avec les classiques barrage filtrants, "péages gratuits" et opérations escargot comme à Lorient. A Bordeaux, où de violents débordements s'étaient produits samedi dernier, quelque 300 personnes se sont rassemblées dans le calme avant de se disperser 30 minutes plus tard.

"On s'attendait à avoir un peu plus de monde. Mais le mouvement ne va pas s'épuiser, on est en train de s'organiser pour faire péter ce système", commentait à Lyon Francis Nicolas, intérimaire de 49 ans. "Quand on voit le 'blablatage' sur Facebook des champions du clavier, et quand on voit concrètement combien de personnes il y a dans la rue, je vous le dis honnêtement, je n'ai qu'une envie, c'est de poser le gilet. On est moitié moins de ce qu'on était la semaine dernière", résumait aussi à Lyon Stella, employée de bureau de 44 ans.

Les annonces d'Emmanuel Macron lundi, dont la plus emblématique porte sur une hausse de 100 euros des revenus au niveau du Smic, ont été diversement reçues par des Français, réclamant moins de taxes et plus de pouvoir d'achat.

"100 euros de plus pour les smicards, c'est du flan, ça ne concerne qu'une minorité de personnes", a regretté samedi à Paris Ludovic, 40 ans, conditionneur cariste venu manifester d'Amiens.

Après l'attentat jihadiste de Strasbourg, les appels, notamment au sein de la majorité et du gouvernement, à ne pas manifester ont aussi été rejetés par une partie des "gilets jaunes", n'y voyant aucun rapport.

Si les modérés, représentés par le collectif des "gilets jaunes libres" ont appelé à une "trêve" et estimé que "le temps du dialogue est venu", d'autres ont affiché leur détermination à redescendre dans la rue pour obtenir de nouvelles avancées sociales et économiques.

Au total, 8.000 membres des forces de l'ordre ont été déployés dans la capitale, 69.000 sur tout le territoire, appuyés à Paris par 14 véhicules blindés à roues de la gendarmerie (VBRG).

Les 1e et 8 décembre, 136.000 personnes avaient manifesté dans toute la France.