International «Nous sommes effectivement le premier bailleur de fonds important à reconnaître le président Ravalomanana», a déclaré à l’issue de la cérémonie l’ambassadrice américaine à Antananarivo, Wanda Nesbitt.

«Nous allons dès maintenant commencer le processus de déblocage des avoirs extérieurs, et je crois que les autres pays vont prendre la même décision», a-t-elle ajouté, après avoir remis à M. Ravalomanana un courrier du président George Bush. «C’est très positif, car nous allons pouvoir continuer à travailler, et je suis sûr que les autres bailleurs de fonds vont suivre l’exemple des Etats-Unis», s’est réjoui M. Ravalomanana devant la presse.

«J’espère que la reconnaissance de la France viendra bientôt», a-t-il ajouté. «Le plus important, c’est qu’il y ait eu aujourd’hui davantage de représentants diplomatiques présents que d’absents», a-t-il souligné.

La France était le seul des grands bailleurs de fonds de Madagascar à ne pas être représenté à la cérémonie par le «numéro un» de sa représentation diplomatique. Elle n’avait même aucun représentant, pas plus qu’elle n’en avait envoyé à Toamasina, l’ex-Tamatave, où le président sortant Didier Ratsiraka organisait dans la matinée «sa» commémoration de l’indépendance, avec «son» gouvernement et les 21 coups de canon traditionnels.

Le président français Jacques Chirac avait toutefois adressé depuis Paris un message «au Peuple Malgache», dans lequel il se prononce pour «une solution de sortie de crise acceptable par tous» à Madgascar. Dans son message, M. Chirac se déclare «convaincu que seule une solution politique, basée sur un dialogue constructif entre toutes les parties, peut permettre de retrouver le chemin de l’unité, de la paix et du développement» à Madagascar.

L’entourage de M. Ravalomanana a immédiatement critiqué l’attitude de Paris. «La France se retranche toujours derrière l’OUA», a commenté Norbert Ratsirahonana, ancien Premier ministre et l’un des plus proches conseillers du président élu. «J’espère que la France suivra finalement le pas de la majorité de la communauté internationale, et que l’OUA révisera sa position au sommet de Durban», a-t-il ajouté.

«En l’absence de reconnaissance internationale d’un candidat comme de l’autre à l’issue de la réunion de l’OUA à Addis Abeba, la France n’aura aucun représentant» à la cérémonie, avait expliqué à l’AFP une source diplomatique. Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’organe central de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) chargé des conflits, réunis à Addis Abeba, ont refusé le 22 juin de choisir entre MM. Ratsiraka et Ravalomanana. Ils ont recommandé que le siège de Madagascar demeure «vacant» lors du sommet panafricain de juillet prochain à Durban (Afrique du Sud), où l’Union africaine (UA) succèdera solennellement à l’OUA.

La cérémonie marquant le 42ème anniversaire de l’indépendance de Madagascar s’est déroulée dans le stade municipal, devant 30 à 40.000 personnes. Le président Ravalomanana est arrivé en fin de matinée pour passer en revue les troupes.

Les principaux bailleurs de fonds étaient représentés par le «numéro un» de leur représentation diplomatique à Antananarivo, à l’exemple des Etats-Unis. C’était aussi le cas de l’Union européenne, du Japon, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne, de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI). L’Algérie et Maurice, seuls pays membres de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) ayant une ambassade à Antananarivo, n’étaient pas représentés par leur ambassadeur. Maurice était représenté par son «numéro deux». M. Ravalomanana a été proclamé officiellement président de Madagascar le 29 avril, mais les chancelleries n’avaient dépêché que leurs «numéros deux» à sa cérémonie d’investiture, le 6 mai.

M. Ratsiraka refuse de reconnaître la légitimité de son rival, se considère toujours comme le président de Madagascar, et a transporté «son» gouvernement à Toamasina. (AFP)