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Les évêques de l'Eglise orthodoxe grecque ont refusé vendredi d'apporter leur soutien à un plan initié par le gouvernement, visant à réformer le financement du clergé et à affirmer dans la constitution la neutralité de l'Etat à l'égard de la religion. Après une réunion tumultueuse, le Saint Synode a estimé nécessaire de poursuivre les discussions sur un accord de principe convenu début novembre entre le Premier ministre et le chef de l'Eglise orthodoxe grecque, l'archevêque Iéronymos.

"Le dialogue avec l'Etat sur des questions d'intérêt commun doit se poursuivre", a déclaré dans un communiqué le synode, organe au sommet de la hiérarchie.

Les évêques ont rejeté la proposition du Premier ministre Alexis Tsipras de payer les salaires du clergé à partir d'un autre compte, ce qui en pratique reviendrait à mettre fin à leur statut de fonctionnaire.

A l'approche des élections de 2019, le Premier ministre, athée déclaré et chef du parti Syriza de gauche radicale, veut amender la constitution pour affirmer la neutralité de l'Etat grec à l'égard de la religion, tout en conservant la définition de l'orthodoxie comme religion "dominante".

Aux termes de l'accord de principe, les deux parties doivent également mettre en place "un fonds de gestion des biens de l'Eglise" qui pourrait ouvrir la voie à une imposition plus juste.

Le Conseil d'Etat avait affirmé avant la signature de l'accord que l'Eglise devrait désormais payer l'impôt foncier sur les biens qui ne sont pas des lieux de culte.

Liée historiquement et politiquement à l'Etat depuis sa constitution au XIXe siècle, l'Eglise orthodoxe bénéficie d'une série d'avantages dont un clergé fonctionnaire, rémunéré par l'Etat.