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Le Parlement européen a renvoyé jeudi à la prochaine législature les débats sur l'harmonisation vers le haut des droits sociaux des travailleurs UE qui vont prester dans un autre État de l'Union, un dossier sur lequel le gouvernement belge avait lui aussi marqué ses réticences. Réunis en plénière, les eurodéputés ont approuvé une demande d'ajournement déposée par la députée N-VA Helga Stevens.

Cette dernière jugeait qu'un vote ne ferait que "souligner les divisions graves" de l'Europe sur ce dossier sensible initié par la commissaire à l'Emploi, la Belge Marianne Thyssen, et passablement modifié par les négociateurs du Parlement et de la présidence roumaine de l'UE.

Si la directive Thyssen porte sur de nombreux aspects (allocations familiales, allocations pour soins de longue durée, etc.), c'est surtout sur les allocations de chômage que le dossier a calé.

Parmi les points d'accroche, la commissaire avait proposé que la personne ayant travaillé à l'étranger devait avoir au moins trois mois de travail dans le nouvel État pour pouvoir faire comptabiliser ses jours de travail à l'étranger dans le calcul du nombre de jours suffisants pour ouvrir un droit au chômage. C'est déjà le cas en Belgique.

La commission Emploi du Parlement européen avait demandé de réduire cette période à un jour, avant que les négociateurs du Parlement et la présidence roumaine du Conseil ne s'accordent sur un mois.

Le ministre fédéral de l'Emploi, le CD&V Kris Peeters, avait lui-même assuré que la Belgique continuerait de s'opposer à cette mesure au Conseil des ministres européens en défendant le stage d'attente de trois mois.

D'autres points, comme l'extension de 3 mois à 6 mois de la portabilité des allocations de chômage vers un autre pays de l'Union, ont aussi suscité des réticences.