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Le président américain Barack Obama s’est entretenu lundi au téléphone avec son homologue François Hollande, en pleine controverse née de révélations sur les activités d’espionnage des Etats-Unis en France, dont certaines ont été "déformées" selon la Maison-Blanche.

Lors de cet appel, MM. Obama et Hollande "ont parlé des récentes révélations dans la presse, dont certaines ont déformé nos activités et d’autres soulèvent des questions légitimes pour nos amis et alliés sur la façon dont ces capacités (de surveillance) sont employées", a précisé la présidence américaine dans un communiqué.

François Hollande a exprimé à Barack Obama sa "profonde réprobation" concernant l’espionnage par la NSA de dizaines de millions de données téléphoniques de Français, des "pratiques inacceptables" entre alliés et amis. Lors d’une conversation téléphonique, le président français "a demandé que toutes les explications soient fournies", selon un communiqué de la présidence française qui précise que les deux hommes ont "souligné que les opérations de collecte de renseignement devaient être encadrées, notamment dans un cadre bilatéral".

En attendant, dès lundi matin, l’ambassadeur américain à Paris a été convoqué au débotté aux Affaires étrangères. Où, pendant une vingtaine de minutes, il s’est fait sermonner. Le mot n’est pas trop fort, puisque c’est un Jean-Marc Ayrault blême de colère qui, lundi, en plein déplacement à l’étranger, a dit combien il était "profondément choqué" par ces pratiques, qui plus est venant d’"un pays ami, allié, comme les Etats-Unis".

"Complaisance" de l’Elysée

Aux extrémités de l’échiquier politique, où l’anti-américanisme est toujours latent, on a réagi au quart de tour. Le Front national comme le Front de gauche ont exigé l’arrêt des pourparlers entre les Etats-Unis et l’Europe sur le libre-échange. Et, en des termes analogues, ont dénoncé "la passivité" et "les faiblesses" d’un François Hollande fustigé pour "sa complaisance" envers Washington.