International

Il faudra environ quatre mois pour sécuriser le site de Notre-Dame de Paris à la suite de l'incendie du 15 avril, avant même de commencer le diagnostic préalable à la restauration elle-même, a prévenu vendredi la fédération du bâtiment spécialisée dans les monuments historiques. "On est toujours en phase de sécurisation et de protection des biens", celle-ci devant avoir "une durée (...) de quatre mois", a déclaré lors d'une conférence de presse, Frédéric Létoffé, l'un des présidents du Groupement des entreprises de restauration de monuments historiques (GMH). Cette organisation comprend quelque 200 entreprises, dont celles qui étaient en charge de la rénovation de la flèche d'où est parti le feu voici onze jours. Ce sont actuellement elles qui gèrent la sécurisation du site.

La sécurisation consiste d'abord en la mise en place d'un parapluie, achevée cette semaine, pour protéger le site des intempéries. Par la suite, le coeur du travail consistera à mettre en place un réseau de poutres au-dessus et en dessous de la voûte, afin notamment d'éviter un écroulement. "Elles vont rester un certain temps parce qu'elles vont aussi servir (...) d'accès pour travailler sur les voûtes", a détaillé M. Létoffé.

Pour permettre leur mise en place, quelque 1.000 mètres carrés de vitraux sont enlevés par des entreprises spécialisées.

A partir de la semaine prochaine, doit aussi commencer le retrait des gravats, d'autant plus long qu'ils devront être examinés attentivement par la police pour déterminer les causes de l'incendie. Une fois effectués ces travaux de sécurisation, c'est la phase de diagnostic qui devra commencer, sous l'égide de l'architecte, Philippe Villeneuve, sur laquelle la fédération s'abstient de toute prévision de délai.

"On ne sait pas l'état structurel des voûtes" à la fois à la suite du feu et des arrivées d'eaux destinées à l'éteindre, a prévenu M. Létoffé.

Pour autant, le GMH a modéré sa position quant à la durée totale de la restauration: au lendemain du feu, il avait évoqué un minimum de dix ans, juste avant que le président Emmanuel Macron donne comme objectif un délai de cinq ans. "On peut aller plus vite mais il faut que tout le monde se donne les moyens", notamment en facilitant les procédures administratives, a conclu M. Létoffé.