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Emmanuel Macron a été officiellement investi dans ses fonctions dimanche sous les ors de la Salle des fêtes l'Elysée, devenant le 8e président de la Ve République.

Le plus jeune président de la République jamais élu en France, à 39 ans, a raccompagné François Hollande, son aîné de plus de 20 ans jusqu'à sa voiture, l'applaudissant avant qu'il ne quitte la cour d'honneur du palais présidentiel.

Il s'est ainsi bien gardé de rééditer la bévue de François Hollande qui, en 2012, avait tourné les talons sans attendre le départ de Nicolas Sarkozy.

Puis il est revenu vers le perron pour poser quelques instants au côté de son épouse Brigitte, radieuse et émue.

Emmanuel Macron, en costume bleu nuit, et son prédécesseur se sont entretenus dans le bureau présidentiel pendant une bonne heure, soit bien plus que la demi-heure prévue. C'est dans ce huis clos que le sortant devait livrer à l'entrant quelques secrets d'Etat, à commencer par les codes de l'arme nucléaire.

Emmanuel Macron était arrivé à 10H00 à l'Elysée, accueilli en haut des marches du perron présidentiel par une sobre poignée de main du président sortant qui s'est abstenu de lui donner l'accolade, un fin sourire aux lèvres.

Le chef de l'Etat élu avait remonté très lentement et solennellement le tapis rouge dans la cour d'honneur devant un détachement et la musique de la Garde républicaine, comme il avait rejoint la Pyramide du Louvre au soir de sa victoire.

L'instant a été immortalisé par des centaines de photographes et de caméramen perchés jusque sur les toits du palais présidentiel.

Quant à Brigitte Macron, vêtue d'une robe tailleur bleu lavande et à laquelle son mari voudrait que soit reconnu un statut officiel de Première dame, elle l'a avait précédé de dix minutes, lançant quelques baisers d'un geste de la main aux badauds rassemblés devant le porche du palais.

Quelque 530 journalistes français et étrangers se sont accrédités pour cette cérémonie qui s'est ouverte sous un ciel menaçant avant de virer au grand soleil au moment même où François Hollande s'en allait, très loin du déluge des premières heures de sa présidence.

Emmanuel Macron a gagné ensuite le Salon des ambassadeurs où il a été élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur avant de rejoindre la Salle des fêtes où le président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius, a proclamé les résultats officiels de l'élection présidentielle, l'investissant ainsi officiellement dans ses nouvelles fonctions.

Emmanuel Macron s'est vu aussi présenter le Grand collier de Grand maître de la Légion d'honneur avant de prononcer son premier discours de chef de l'Etat en exercice, affirmant vouloir "rendre aux Français leur confiance en eux", et saluant leur choix de "l'espoir et l'esprit de conquête".

21 coups de canon

Quelque 300 invités l'y attendaient. Parmi eux, les représentants des corps constitués (Conseil constitutionnel, bureau de l'Assemblée nationale et du Sénat, Cour de Cassation...), des représentants des partenaires sociaux, des prix Nobel ainsi qu'une centaine de proches, principalement de sa famille et de celle de son épouse.

Parmi les invités aussi, une petite dizaine de "marcheurs" de la première heure, Richard Ferrand, Christophe Castaner, Renaud Dutreil, Gérard Collomb, Sylvie Goulard ou François Patriat mais aussi de nombreuses personnalités parmi lesquelles Nathalie Kosciuscko-Morizet, Pierre Gattaz ou Elisabeth Guigou.

Emmanuel Macron a également invité le compagnon de Corinne Erhel, députée des Côtes-d'Armor décédée le 5 mai lors du dernier meeting de la campagne, celui de Xavier Jugelé, le policier tué le 20 avril sur les Champs-Elysées lors d'une attaque jihadiste, ainsi que le père d'une militante d'En Marche! morte en voiture durant la campagne, à l'âge de 29 ans.

La cérémonie devait se poursuivre dans les jardins de l'Elysée où le nouveau président devait passer en revue les troupes tandis que 21 coups de canon seront tirés depuis l'Esplanade des Invalides, sur l'autre rive de la Seine.

Puis, à midi, il sortira par la Grille du Coq, au bout du parc, pour remonter seul les Champs-Elysées à bord d'un véhicule puis à pied jusqu'à la place de l'Etoile, escorté des motards et des cavaliers de la Garde républicaine avant de raviver la flamme sur la tombe du Soldat inconnu, sous l'Arc de Triomphe. Le tout sous haute sécurité: près de 1.500 policiers et gendarmes sont mobilisés.

Le marathon du nouveau chef de l'Etat, qui a décidé de résider à l'Elysée avec son épouse, se poursuivra à 17H00 à l'Hôtel de Ville de Paris avec une nouvelle cérémonie, tout aussi traditionnelle.

La nomination du Premier ministre devrait intervenir "plutôt lundi", selon l'entourage d'Emmanuel Macron.

Sitôt quitté le palais, François Hollande, désormais ex-président, a pris la direction du siège du PS, rue de Solférino, comme l'avait fait avant lui François Mitterrand en 1995.


Emmanuel Macron nommera son Premier ministre lundi

Emmanuel Macron révélera lundi le nom de son Premier ministre, a confirmé dimanche l'entourage du nouveau président français à l'AFP. D'après plusieurs médias français, le député-maire Les Républicains du Havre Édouard Philippe est le favori pour succéder à Bernard Cazeneuve à Matignon. La liste du gouvernement devrait être annoncée mardi.

Dimanche, lors de son investiture, le nouveau président a promis de "rendre aux Français cette confiance en eux depuis trop longtemps affaiblie" et de relancer l'Europe. Le pays a choisi "l'espoir et l'esprit de conquête", "je ne céderai sur rien des engagements pris", a-t-il déclaré avec gravité. Emmanuel Macron, 39 ans, est devenu le plus jeune président jamais élu en France au cours d'une solennelle passation de pouvoir à l'Elysée avec son prédécesseur, le socialiste François Hollande.



Le secrétaire de l'Elysée est connu

Peu avant l'arrivée d'Emmanuel Macron, son équipe a dévoilé quelques noms de personnes qui l'entoureront durant son mandat.

Alexis Kohler, ancien directeur de cabinet d'Emmanuel Macron à Bercy, est nommé secrétaire général de l'Elysée, a indiqué dimanche l'entourage du président élu.

Enarque, M. Kohler, 44 ans, a notamment travaillé à l'Agence des participations de l'Etat, avant d'être le directeur adjoint de cabinet de Pierre Moscovici au ministère des Finances puis de diriger le cabinet de M. Macron au ministère de l'Economie (2014-2016). Il va succéder à Jean-Pierre Jouyet, ami proche de François Hollande.

Philippe Etienne est quant à lui nommé conseiller diplomatique du président.


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