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Le Premier ministre australien Malcom Turnbull a annoncé mardi la signature d'un contrat d'une valeur de 50 milliards de dollars australiens (34 milliards d'euros) pour renouveler la flotte de sous-marins du pays. Le contrat monstre est attribué à la firme française DCNS, qui l'a emporté sur les offres allemande et japonaise. Les tractations étaient en cours depuis plusieurs mois et alimentaient les spéculations auxquelles le conservateur Malcom Turnbull a mis fin mardi midi (heure locale, 04h00 HB).

L'avenir militaire australien sera lié pour les décennies à venir à son partenaire français, dont la société d'armement DCNS a remporté l'appel d'offres pour la construction de 12 sous-marins d'ici 2027 et leur maintenance durant 50 ans.

"C'est un grand jour pour notre Marine, pour l'économie australienne du 21éme siècle, et un grand jour pour les emplois du futur", a affirmé M. Turnbull en annonçant le deal dans la ville d'Adélaïde.

Les firmes allemandes ThyssenKrupp Marine Systems et japonaise Mitsubishi Heavy Industries étaient également en lice. L'offre japonaise, privilégiée pendant un temps sous la législature précédente, s'est rapidement essoufflée. Les spéculations portaient principalement sur la compétition entre les puissants constructeurs français et allemands. ThyssenKrupp proposait d'agrandir son bâtiment Type 214 de 2.000 tonnes.

C'est en définitive sur le "Shortfin Barracuda", une version hybride diesel-électrique d'un modèle actuellement à propulsion nucléaire (5.000 tonnes) de la firme française semi-publique DCNS, que s'est porté le choix de la Défense australienne. Il s'agit de la plus importante dépense navale dans l'histoire du pays, qui double de la sorte sa flotte la portant à terme à 24 bâtiments.

En plaçant le renouvellement de la flotte sous-marine australienne dans des mains françaises, Malcom Turnbull a toutefois souligné que les engins seraient construits dans le pays et que 2.800 emplois y seront créés.

"Construction australienne, emplois australiens, acier australien, voilà où nous en sommes", a-t-il assuré alors que l'adjudication était controversée dans le pays.

L'emploi était aussi au coeur de la stratégie de la France pour remporter le marché. L'industrie de l'armement emploie 165.000 Français, un chiffre qui pourrait grimper à 200.000 d'ici 2018.