International Le père dominicain Najeeb Michaeel a sauvé des manuscrits de leur destruction par Daech. Et les numérise. Reportage.


L’un des bâtiments les plus insolites d’Erbil, capitale régionale du Kurdistan irakien, est un immeuble en construction dont les trois premiers étages sont occupés par des rangées de containers blancs, les mêmes qu’on voit dans la plupart des camps de réfugiés. C’est là que le père Najeeb Michaeel nous reçoit, parmi les réfugiés yézidis et chrétiens qu’il héberge dans cet immeuble prêté par un propriétaire généreux.

Ce dominicain, formé en France, est devenu célèbre pour avoir sauvé des centaines de manuscrits, conservés dans la bibliothèque des dominicains de Mossoul et de Qaraqosh, qui auraient, sinon, été détruits par l’Etat islamique (EI). "Nous voulons sauver ce qu’eux cherchent à détruire", dit-il. "J’ai voulu sauver les gens et leur histoire. Un peuple sans histoire, c’est un peuple mort. Daech veut effacer toutes les traces de la Mésopotamie. Nous voulons faire le contraire." Najeeb Michaeel a pris les derniers documents avec lui, en août 2014, dans le coffre de sa voiture, alors que Daech cernait Qaraqosh.

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