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Suivi par une nuée de photographes, Matteo Salvini, très souriant, a voté à Milan, dimanche après-midi. Pas de veston, ni de cravate, fidèle à son style, le vice-Premier ministre populiste était vêtu d’une vareuse sportive, cadeau de l’équipe nationale de canotage, un drapeau italien collé sur le torse ! Le chef de La Ligue a ainsi endossé son slogan de campagne électorale : “Les Italiens d’abord”. Et même si les résultats complets de la péninsule n’arriveront que tard dans la nuit, vu que les bureaux de vote sont restés ouverts jusqu’à 23h, les premiers “sondages” à la sortie des urnes confirment la victoire de la Ligue. La première fourchette donne le parti de Matteo Salvini entre 27 et 31 % des voix. Augmentant de plus de dix points, le résultat des élections législatives de l’an dernier, au détriment de son allié de gouvernement le Mouvement 5 Etoiles, relégué à la troisième place, derrière le parti démocrate, qui dépasserait à nouveau les 20 %.

Si les chiffres se confirment, les Italiens enverront donc au parlement européen le groupe de députés souverainistes euro-sceptiques le plus important. Un résultat historique pour ce parti, vu qu’en 2014, La Ligue du Nord n’avait obtenu que 6 % des votes aux européennes.

Mais depuis lors, Matteo Salvini a transformé le parti régionaliste et xénophobe en un parti nationaliste et souverainiste, qui a désormais pris pied dans toute l’Italie.

Participation stable et enjeux nationaux

Avec une participation globalement stable, par rapport au scrutin de 2014, l’Italie serait en contre tendance par rapport au reste de l’Union. Les Italiens ne se sont pas passionnés pour ces élections européennes, pourtant soutenues par des enjeux nationaux. Les deux partis au pouvoir, La Ligue et le Mouvement 5 Etoiles, se sont disputés pendant toute la campagne électorale, en promettant aux électeurs que la formation gagnante deviendrait aussi le meneur de jeu au sein du gouvernement populiste-souverainiste. A la sortie des urnes, il semble clair que les rapports de forces entre le Mouvement 5 Etoiles et La Ligue se sont inversés. Luigi Di Maio, le chef du M5S, devra expliquer comment son mouvement populiste a perdu un tiers de ses électeurs en un an, au profit du parti de Matteo Salvini.

Ce dernier pourra désormais menacer de faire tomber le gouvernement en cas de désaccord sur les dossiers délicats, sachant qu’un retour rapide aux urnes lui serait favorable. Avec ces élections, Matteo Salvini confirme son rôle d’homme fort de la politique italienne, et devient plus encombrant sur la scène européenne.