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La Belgique maintiendra deux hélicoptères médicalisés au Mali au sein de la mission européenne de conseil et de formation de l'armée malienne (EUTM Mali) après la fin de l'opération française Serval et est prête à fournir une contribution "proportionnelle" à celle d'autres partenaires européens à la protection des formateurs, ont annoncé lundi les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Didier Reynders et Pieter De Crem, à l'issue d'un conseil ministériel restreint à Bruxelles.

M. De Crem a cité la date du 15 mars environ pour la fin de l'opération française Serval, lancée le 11 janvier pour repousser les groupes armés qui occup(ai)ent le nord du pays.

Les deux avions de transport C-130 "Hercules" mis à la disposition des forces françaises termineront alors leur mission, ont précisé MM. Reynders (MR) et De Crem (CD&V).

Les deux hélicoptères Agusta A109 d'évacuation médicale actuellement engagés dans Serval sont servis par une quarantaine de personnes.

La participation belge à la protection des instructeurs de l'EUTM sera "proportionnelle" et devra faire l'objet d'une "répartition" avec les autres pays européens engagés dans cette mission, selon les deux ministres.

La Belgique a été le premier pays européen à s'engager au Mali aux côtés de la France, a rappelé M. De Crem.

L'UE lance sa mission de formation militaire au Mali

Les ministres des Affaires étrangères des 27 ont lancé lundi formellement la mission européenne de formation de l'armée malienne ("EUTM Mali"), qui sera déployée parallèlement à l'opération militaire française de reconquête du territoire ("Serval"). Quatre bataillons seront entraînés à Koulikouro, à 200 kilomètres au nord de la capitale Bamako, pendant une période initiale de 15 mois. Le gouvernement belge a confirmé sa participation lundi matin. La mission sera "difficile" et "pas dénuée de risques", a insisté lors d'une conférence de presse à Bruxelles le général français Patrick de Rousiers, qui préside le comité militaire de l'UE. Les formateurs européens pourraient en effet être la cible d'attaques terroristes, a-t-il dit.

S'il est resté discret sur les aspects militaires, le général a insisté sur le respect des droits de l'homme et du droit humanitaire, qui seront au "coeur de la mission". Il s'agira "d'inculquer des règles, des habitudes, un savoir-être", a-t-il dit. Cette tâche "exaltante" pourrait nécessiter plus que les 15 mois prévus, a poursuivi le général de Rousiers, en soulignant n'avoir "aucune idée" du temps nécessaire.

Quelque 500 militaires européens seront déployés progressivement au Mali, où une équipe avancée de 70 personnes est déjà à pied d'oeuvre, sous le commandement du général François Lecointre. Une partie sera affectée à la formation proprement dite, tandis que d'autres seront chargés d'assurer leur protection. La mission EUTM sera "clairement séparée" de l'opération Serval, a encore ajouté M. de Rousiers, pour qui il est "hors de question que les formateurs se déplacent" sur le théâtre des hostilités.

Après des semaines de tergiversations, le gouvernement belge a confirmé du bout des lèvres lundi matin sa participation à la mission EUTM. La Belgique maintiendra au Mali deux hélicoptères médicalisés déjà présents dans le cadre de l'opération Serval. Elle est par ailleurs prête à fournir une contribution "proportionnelle" à celle d'autres partenaires européens à la protection des formateurs.

Deux avions de transport C-130 "Hercules", déployés dans le cadre de Serval, seront par contre retirés à la fin du mois. "Nous sommes très reconnaissants de l'annonce faite par la Belgique aujourd'hui", a affirmé Maciej Popowki, le directeur-général adjoint du Service européen d'action extérieure. "D'autres Etats membres sont en train de compléter leurs propres procédures" de déploiement, "mais tout est sous contrôle", a-t-il ajouté.