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Une intervention humanitaire avec une protection militaire sur le terrain sera nécessaire en Syrie si le régime du président Syrien Bachar al Assad continue sur la voie de la barbarie, a affirmé dimanche le chef de la diplomatie belge Didier Reynders.

"Le régime a pris le chemin de la barbarie et je fais de moins en moins confiance au président Bachar al Assad", a-t-il déclaré au cours de l'émission Internationales sur la chaîne de télévision TV5. "Il y a un plan sur la table avec une échéance, le 10 avril", a-t-il souligné. "Si ce plan n'est pas respecté, alors il faudra passer à l'étape suivante", a-t-il affirmé.

"Une intervention humanitaire sera nécessaire et elle supposera une présence militaire armée", a-t-il soutenu. "Ce point sera débattu lors de la prochaine réunion des amis de la Syrie prévue en France", a-t-il précisé. "Tout le monde dit qu'il soutient le plan de Koffi Annan (émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe sur la Syrie. Il va falloir mettre la Russie et la Chine au pied du mur", a-t-il insisté. Le régime du président Bachar al-Assad a annoncé dimanche qu'il ne retirerait pas ses troupes des villes à moins de "garanties écrites" de l'opposition, à deux jours de la date limite fixée par l'ONU. Le plan de sortie de crise présenté par M. Annan, que Damas avait accepté le 2 avril et l'ONU entériné jeudi, prévoit que l'armée se retire des villes mardi matin afin de permettre un arrêt total des violences 48 heures plus tard. Face à l'afflux massif de Syriens fuyant les violences, la Turquie, qui héberge déjà plus de 24.500 réfugiés, a menacé de prendre des "mesures" si Damas ne cessait pas les violences à la date butoir de mardi. Selon la presse turque, plusieurs scénarios ont été envisagés, en particulier la création d'une zone tampon le long de la frontière. Mais cette option, qui implique l'engagement de troupes turques ou d'autres pays en territoire syrien, signifierait une internationalisation du conflit dans une région déjà sous haute tension.