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C e n'est pas le mur de Berlin mais c'est quand même un mur de démarcation.» Le président ukrainien Leonid Koutchma n'a pas fêté, lui, l'élargissement qui, à la suite de l'adhésion de la Pologne, de la Slovaquie et de la Hongrie le 1er mai, a fait de son pays un nouveau voisin de l'Union européenne. A ses craintes, la Commission a répondu mercredi à Bruxelles en développant une politique de voisinage censée éviter «l'émergence de nouvelles lignes de fracture en Europe», selon Günter Verheugen. L'objectif, a précisé le commissaire européen, est d'étendre la paix, la stabilité et la prospérité aux voisins de l'Union élargie, de la Russie au Maroc en passant par la Géorgie. «Nous voulons créer un cercle d'amis», dixit le président Romano Prodi. Et parvenir «à long terme» à créer une «zone de libre-échange», voire d'aboutir à «une intégration complète du point de vue économique», a ajouté Günter Verheugen.

Concrètement, la Commission propose - et les Etats membres disposeront ensuite - de nouer ces liens particuliers avec la Russie, l'Ukraine, le Belarus et la Moldova, avec dix membres du partenariat euro-méditerranéen (*) ainsi qu'avec l'Arménie, l'Azerbaïdjan et la Géorgie. Des pays qui, au contraire de ceux des Balkans et de la Turquie, «ne bénéficient pas d'une perspective d'adhésion».

La Commission a donc dessiné hier les frontières de l'Union européenne. «Pour une période assez longue, la frontière occidentale de l'ex-URSS, Etats baltes exceptés, sera la frontière orientale de l'Union», a précisé le commissaire, tuant dans l'oeuf toute velléité ukrainienne notamment. «Mais je refuse de dire qu'il n'y aura jamais de possibilité d'adhésion» pour Kiev ou d'autres. Le traité de Nice énonce que tout Etat peut poser sa candidature pour autant qu'il respecte la démocratie et les droits fondamentaux d'une part, et qu'il soit européen d'autre part. Reste à définir ce que signifie être «européen» mais, dans cette voie, Günter Verheugen a refusé de s'engager.

Concrètement, la politique européenne de voisinage consiste dans un premier temps à négocier des plans d'action bilatéraux permettant aux pays concernés de se rapprocher autant que possible de l'Union et d'avoir accès à ses programmes en matière de formation, d'éducation et de recherche. Ouverture des marchés, collaboration dans la gestion des frontières et la lutte contre la criminalité, amélioration des connexions dans les domaines de l'énergie, des transports, de l'environnement, de la société de l'information constituent autant d'objectifs à promouvoir dans le cadre de ces relations basées sur l'engagement en faveur de valeurs communes de droits de l'homme, de bonne gouvernance, d'économie de marché, de bon voisinage et de développement durable. La Commission a entamé les premiers contacts avec sept voisins (pas toujours extraordinairement démocratiques ni très engagés dans le bon voisinage) : l'Ukraine, la Moldova, la Jordanie, le Maroc et la Tunisie, mais aussi Israël et l'Autorité palestinienne. Non pas pour résoudre le conflit, mais pour qu' «Israël et ses voisins comprennent jusqu'où l'Union peut aller dans sa coopération dans la région. La politique de voisinage peut servir d'incitation».

(*) Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Libye, Maroc, Syrie, Tunisie et Autorité palestinienne.





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