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Accusé d'être un continent cruel où règne la violence, l'Amérique Latine est sous le feu des projecteurs.

Le magazine Slate a publié un article annonçant les dernières statistiques morbides relatives au continent hispanique. Il en ressort notamment que « 42% des crimes ont lieu en Amérique latine où ne vit que 8% de l’humanité» ou encore que « Le taux d’homicide aux États-Unis est 5 fois plus bas que le taux moyen en Amérique latine ».

De son côté, le classement de Reporters Sans Frontières sur la liberté de la presse va dans le m^me sens en dressant un bilan pas toujours très rose en ce qui concerne les pays d'Amérique Latine. Le Mexique et le Honduras restent les plus dangereux pour la profession, sans parler du Brésil, du Paraguay et du Chili dont la sécurité s'est dégradée. « Au Nord et Nord-est brésiliens comme dans les régions frontalières paraguayennes, la corruption locale, les activités du crime organisé ou les atteintes à l’environnement sont autant de sujets dangereux pour les journalistes, mais aussi pour les blogueurs », peut-on lire sur le blog d'un journaliste du Monde sur l'Amérique Latine. Il nuance tout de même les résultats: « L’organisation constate des progrès de la liberté d’expression au Venezuela, au Nicaragua et au Salvador, en dépit de la polarisation politique. Le Costa Rica et l’Uruguay restent les bons élèves de la région ». En effet puisque l'Uruguay se situe tout de même devant la France et l'Espagne concernant la liberté de presse, soit l'accessibilité à la profession dans les meilleures conditions (sécurité, censure etc).

Quant au classement officiel de la paix, Global Peace Index , il situe la Colombie, le Mexique, le Honduras et le Guatemala dans les 35 plus dangereux pays du monde, alors que seul le Chili et l'Uruguay paraissent dans les 35 plus pacifiques.

Plusieurs raisons peuvent expliquer les causes qui poussent la région dans une telle folie meurtrière. La première explication donnée est la pauvreté. « Le dernier Rapport sur le développement mondial l’atteste et va même plus loin, en affirmant que la violence serait la cause majeure de la pauvreté, et non un simple facteur parmi tant d’autres » peut-on lire sur le site SlateAfrique. The Economist, l'hebdomadaire anglophone confirme la donne: «La violence […] n’est pas seulement une cause parmi d’autres de la pauvreté: cela en devient la première des causes. Les pays qui sont la cible de violences se retrouvent souvent piégés. »

La deuxième raison évoquée est bien sûr les problèmes liés à la drogue. En grands consommateurs, les habitants d'Amérique Latine sont connus pour leurs trafics. « Près de 80% de la cocaïne et environ 90% de la marijuana entrant aux Etats-Unis proviennent d’Amérique latine », nous livre le Monde diplomatique.

L’inefficacité et la corruption des institutions telles que la police, le système judiciaire et le système carcéral sont également pointées du doigt. « Les études récentes montrent aussi que les inégalités sociales, l’accès facile aux armes, l’alcool, l’existence de gangs, l’insuffisance des prisons et des forces de police par rapport à la population, font aussi partie des explications » conclut le Slate.

Nous connaissons donc les raisons de ces comportements violents ainsi que les pays concernés... il ne nous manque plus que des solutions concrètes.