International

Le Parlement prend les devants sur le dossier hongrois

Débat houleux lors de la plénière de janvier et résolution ferme adoptée à la fin celle de février. La Hongrie et ses dérives autoritaires squattent le programme des sessions du Parlement européen. Une bonne chose selon les uns car il est important que l’institution ne lâche pas la pression sur les questions des libertés publiques. Une erreur stratégique selon les autres pour qui une approche moins "donneuse de leçons" et plus en sous-main serait la meilleure. Cette fois en tout cas, on peut s’interroger sur le calendrier. La Commission européenne a adressé trois questions précises au gouvernement de Viktor Orban concernant sa nouvelle Constitution, dont les réponses sont attendues pour ce vendredi. Le Parlement ne les a pas attendues et a sorti jeudi, dans sa résolution, le bazooka de l’article 7 qui peut à terme priver la Hongrie de son droit de vote. Enfin une voix européenne ferme face à un Conseil "honteusement silencieux" et une "Commission" qui élude plus qu’elle ne tranche, selon la Française Hélène Flautre (Verts), membre de la commission des libertés civiles. "Un jugement avant la fin du procès", rétorque un communiqué de presse émanant du Parti populaire européen (PPE, Centre droit). Certes, Viktor Orban est l’un des vice-présidents de ce groupe où siègent les eurodéputés de son parti Fidesz, mais la question reste posée : faut-il braquer le gouvernement hongrois dont la souplesse n’est pas la vertu cardinale ou, au moins, respecter entre institutions le calendrier des procédures mises en place ?

Les pro-Strasbourg contre-attaquent

La bataille du siège du Parlement européen entre Bruxelles et Strasbourg commence à ressembler à une vieille lune qui vire de plus en plus au roussi pour l’Alsace. Avec la présentation d’un rapport intitulé "Le Siège dans tous ses états" présenté en cette semaine de plénière par l’Association européenne des jeunes entrepreneurs, Strasbourg a repris un peu espoir puisque ce texte divise par quatre les coûts mis en avant par ses opposants. Non pas 200 millions d’euros par an mais 51,1 (dont 18 liés aux plénières seraient dépensés à Bruxelles si elles s’y tenaient), soit 0,04 % du budget de l’Union européenne, ce qui revient à 10 centimes par citoyen et par an. Quant au 18 000 tonnes de CO2/an lié à la transhumance, elles sont est ramenées à 4 200. Reste le reste, c’est-à-dire l’accessibilité de la ville, sujet sur lequel les promesses s’accumulent sans résultat tangible, les tarifs hôteliers jugés "inamicaux", etc. autant de points sur lesquels les lobbyistes pro-Strasbourg comptent ne pas lâcher prise. "Rendez-vous dans six mois", ont-ils dit. D’ici là, on verra la riposte des "anti".

Les eurodéputés demandent à Mark Rutte de préciser sa position sur le site de délation du PVV

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte ne va pas s’en tirer comme ça. A l’initiative du groupe du Parti populaire européen, le Parlement européen l’a invité à venir en séance plénière, le 13 mars prochain, à Strasbourg, pour préciser sa position sur le site de délation mis en ligne par le Parti pour la liberté (PVV). Pour rappel, la formation politique populiste et xénophobe de Geert Wilders a lancé un site Internet sur lequel les Néerlandais sont invités à dénoncer les "nuisances" causées par les migrants d’Europe centrale et orientale (LLB 15/02). Pressé de condamner le message du PVV par les partis néerlandais, mais aussi les ambassadeurs aux Pays-Bas des dix pays d’Europe centrale et orientale, le Premier ministre libéral avait refusé de se mouiller - évitant ainsi d’attaquer frontalement le PVV qui soutient, de l’extérieur, la politique économique de la coalition des libéraux et des chrétiens-démocrates. Il n’est pas du tout certain que M. Rutte répondra à l’invitation des eurodéputés. En revanche, il s’est dit prêt à discuter du sujet avec le président du Parlement européen, Martin Schulz, en marge du sommet européen des 1er et 2 mars prochain. A l’abri des micros et des caméras, on suppose.

Qui mal utilise les ressources de la Pac rembourse

Par ici la monnnaie. La Commission européenne a annoncé jeudi qu’elle allait récupérer auprès des Etats membres près de 55 millions d’euros de dépenses irrégulières au titre de la Politique agricole commune (Pac). De ce montant global, 2,7 millions d’euros seront recouvrés auprès de la Belgique à la suite d’une correction des exercices 2008 à 2010 en matière de développement rural. En cause ? Des déficiences au niveau des contrôles des mesures agroenvironnementales et des mesures relatives aux handicaps naturels en Belgique. Le Royaume-Uni devra lui reverser quelque 30 millions d’euros au budget européen pur des faiblesses dans son système de sanctions et la mise en œuvre inadéquate d’exigences réglementaires. L’Italie se voit, elle, réclamer 21 millions d’euros en raison de faiblesses dans les contrôles des moulins à huile d’olive.