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Défait par les urnes en février dernier, défié par une alliance politique “contre nature” qui n’a de mission que de le faire tomber, Vlad Plahotniuc, l’oligarque qui règne en maître sur la Moldavie depuis des années, refuse de plier. Samedi, les socialistes prorusses (PSRM) et les proeuropéens de l’alliance ACUM ont annoncé leur coalition, inédite dans l’histoire de cette ex-république soviétique, éternellement déchirée entre la voie russe et celle européenne. Mais l’homme le plus puissant du pays, qu’on surnomme “le cardinal de l’ombre”, a aussitôt tiré les ficelles de la justice, notamment celles de la Cour constitutionnelle, pour dissoudre le Parlement et essayer de tuer dans l’œuf le gouvernement de Maia Sandu, issue d’ACUM et icône de la lutte anticorruption. Maintenant un “gouvernement intérimaire”, M. Plahotniuc tente d’entretenir le mirage d’une dualité du pouvoir, d’un Etat à deux têtes, pris dans une crise constitutionnelle. “Mais la vérité est qu’il a un gouvernement légitime [celui de Maia Sandu], un Parlement fonctionnel… et un parti qui a perdu les élections et qui tente d’usurper le pouvoir”, tranche Alexei Tulbure, ancien représentant de la Moldavie à l’Onu. (...)