International

Première métropole de la Caroline du Nord, deuxième centre financier des Etats-Unis après New York, troisième ville du pays par le rythme de sa croissance, Charlotte a un autre motif de célébrité : c'est dans une ferme des environs qu'a grandi Billy Graham, probablement le plus célèbre des prédicateurs américains. A 97 ans, l'homme mène désormais une existence discrète, mais la « Bibliothèque » ouverte en son honneur à Charlotte, sur le modèle des Bibliothèques présidentielles américaines, rappelle combien ce baptiste du Sud fut actif et influent.

Marié en 1943 à la fille de missionnaires protestants en Chine, Graham fut d'emblée ouvert sur le monde. Il voyagea partout, de la Corée du Nord à l'Afrique du Sud, et rencontra tous les dirigeants de la planète et du siècle, de Nehru à Mitterrand. C'est, cependant, à l'intérieur des frontières qu'il a marqué l'histoire. Transcendant les clivages partisans, Billy Graham fut proche de tous les présidents. Ami des républicains Dwight Eisenhower et Richard Nixon comme des démocrates John Kennedy et Lyndon Johnson, le théologien conseilla spirituellement aussi bien Bill Clinton que les Bush, père et fils. Le sermon qu'il fit à la cathédrale nationale de Washington, quelques jours après les attentats du 11 septembre 2001, démontre à lui seul combien l'homme était capable de consoler, unir et soulever une nation tout entière.

Billy Graham fut toujours de son temps. Il adopta sur le champ les nouveaux moyens de communication pour diffuser son message. Il tint une chronique dans les journaux (lue par cinq millions de personnes). Il fut un homme de radio, puis, bien sûr, de télévision quand les prédicateurs américains devinrent des « télévangélistes ». Il fut un habitué des « shows » télévisés, parlant de sa foi avec des interlocuteurs aussi inattendus que Woody Allen (« Ce n'est pas ce que je crois quand je me regarde chaque matin dans la glace », répondit un jour celui-ci, après que Graham eut soutenu que Dieu était parfait...).