International Une pétition qui suggère au gouvernement britannique de "révoquer l'article 50 et de rester dans l'Union européenne" compte actuellement plus de 5.480.000 signatures.

C'est l'histoire d'une pétition qui devient la plus populaire jamais créée sur le site du Parlement britannique. De minute en minute, le nombre de signatures grimpe à un rythme effréné. À l'heure où nous écrivons ces lignes, plus de 5.488.479 signataires ont levé la voix en faveur d'une annulation du Brexit. Plus précisément, ceux-ci plaident pour la révocation de l'article 50 du traité de Lisbonne. Autrement dit celui qui régit la sortie d'un pays de l'Union européenne. Le 29 mars 2017, le divorce avec le Royaume-Uni a été notifié, afin de prendre acte deux ans plus tard, soit le 29 mars prochain (à l'origine). C'était sans compter sur un potentiel report pour le 12 avril ou le 22 mai prochain. Pour l'heure, rien n'est moins sûr tant que les députés britanniques n'ont pas (re-)voté l'accord négocié entre Theresa May et l'Union. 

Néanmoins, si le cas de figure devait se présenter, le scénario d'un Brexit annulé serait tout à fait envisageable. La Cour de justice de l'Union européenne a en effet jugé en décembre 2018 qu'un pays était habilité à revenir sur sa décision de quitter l'UE. Comprenez, même sans consultation des autres pays membres.

"Qui veut tellement du Brexit qu'il est prêt à tuer pour lui?"

La pétition est visible par les internautes du monde entier mais ne peut être signée que par des citoyens britanniques. Évidemment, comme partout sur le web, il y a moyen de tricher. Un internaute originaire d'un pays étranger au Royaume-Uni pourrait tout à fait signer la pétition et gonfler encore le nombre de signataires. Preuve à l'appui, en quelques clics, nous parvenons à détourner le système en insérant un code postal trouvé sur le net. Pourtant son impact politique pourrait être réel, compte tenu d'une règle qui évoque la possibilité d'organiser un débat sur une pétition à partir du moment où elle réunit plus de 100.000 signatures. Objectif plus qu'atteint dans les faits.

© Capture UK Government and Parliament


Victime de son succès, Margaret Anne Georgiadou, l'émettrice de la pétition fait aujourd'hui face à des faits de harcèlement moral, comme le rapporte le journal britannique The Guardian. " Hier soir, j'ai reçu trois menaces de mort par téléphone. Qui veut tellement du Brexit qu'il est prêt à tuer pour lui?", a écrit Margaret Anne Georgiadou sur Twitter. 

© AFP