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Lorsqu'il a créé le journal Agos en 1996, Hrant Dink avait pour objectif de réconcilier la Turquie et l’Arménie en utilisant sa plume et celle de ses vingt journalistes. Le fondateur du journal de la communauté arménienne du pays est finalement tombé sous les balles d’un nationaliste turc devant les locaux de sa rédaction le 19 janvier 2007. Triste épilogue de la vie d’un homme qui s’est toujours battu contre la violence, pour la tolérance. "Le jour de son assassinat, je travaillais à la télévision turque lorsque j’ai vu une alerte provenant d’une agence de presse annonçant son décès. Ce fut vraiment un jour tragique", se souvient Yetvart Danzikyan dans son petit bureau.

Dix ans plus tard, celui qui avait participé avec Hrant Dink à la création de l’hebdomadaire, a repris le poste de son ami et entend bien porter haut son flambeau. L'assassinat de Dink, les conséquences de ce drame pour les Arméniens de Turquie, les difficultés du poste, la non-reconnaissance du génocide par Recep Tayyip Erdoğan, les sanctions contre Mahinur Özdemir. Yetvart Danzikyan, est l'Invité du samedi de LaLibre.be.

Votre hebdomadaire est publié en arménien et surtout en turc. Pourquoi Hrant Dink avait-il décidé d’écrire dans les deux langues ?

Le but de Hrant, en créant ce journal, était de former un dialogue entre les Turcs et les Arméniens. Il voulait que les Turcs comprennent ce qui est arrivé aux Arméniens. La majorité des Turcs ne savent pas ce qui nous est arrivé. L’Etat a monté une histoire officielle concernant le génocide arménien. En disant: "On n’a pas tué les Arméniens, ce sont les Arméniens qui nous ont tués". C’est pourquoi Hrant et d’autres, des historiens, des journalistes, ont écrit des articles sur l’histoire de la Turquie. C’est aussi la raison pour laquelle il est devenu une cible pour l’Etat et les groupes nationalistes. On a commencé à l’attaquer en justice, jusqu’à finalement le tuer.

Qu’est-ce qui a changé depuis son assassinat ?

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