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Il vaut parfois mieux avoir tous les éléments d'une histoire avant de la propager. L'affaire de l'affrontement entre des jeunes pro-Trump et un Améridien lors de la manifestation contre l'avortement à Washington le 18 janvier dernier est plus complexe qu'elle n'y paraît.

Les médias ont partagé une vidéo d'un jeune élève, Nick Sandmann, stoïque face à Nathan Philipps, un Amérindien en train de chanter l'American Indian Movement. Le premier participait à la marche anti-avortement tandis que le deuxième manifestait à la marche des peuples autochtones.

La vidéo a suscité une vive indignation sur les réseaux sociaux. Plusieurs internautes criaient au scandale en prenant la défense de Nathan Philipps, considéré comme étant provoqué par les jeunes élèves.

Un extrait tiré de son contexte

La chaîne CNN, qui avait aussi relayé cette vidéo, a fait son enquête et a constaté que l'histoire était plus complexe et bien moins manichéenne. Il s'avère qu'avant ces faits, une altercation avait déjà eu lieu entre les jeunes, qui portaient des casquettes "Make America Great Again", le slogan de Donald Trump, et un groupe d'Afro-Américains. Ces derniers auraient lancé les hostilités en provoquant les jeunes, les qualifiant de "bébé incestueux".

Nathan Philipps et plusieurs membres de son groupe ont décidé de s'interposer entre les deux groupes en raison de la tension qui commençait à monter, a-t-il expliqué à la chaîne américaine.

Problématique plus grande

Cette vidéo, qui a fait le tour de la toile sans être analysée en profondeur, éveille donc les esprits et soulève une plus grande problématique. Elle ne donne qu'un seul point de vue et ne donne pas toutes les informations nécessaires pour comprendre la situation.

"Malgré la diffusion de cette vidéo en ligne, les gens semblent toujours croire que les caméras représentent le monde tel qu'il est réellement. Cette idée est erronée", a expliqué Ian Bogost, designer de jeux vidéo au média The Atlantic. Il demande aux internautes de penser à l'angle utilisé par le vidéographe, qui change la perception de l'événement.

Philipps et Sandmann se sont exprimés

Nathan Philipps et Nick Sandmann ont tous les deux accordé une interview à CNN pour raconter leurs versions des faits. L'Amérindien a déclaré qu'il avait ressenti de la peur face à ce groupe de jeunes. "Pas de la peur pour moi mais pour les générations futures, de la peur pour le futur de notre pays."

Nick Sandmann, quant à lui, a publié un communiqué pour se défendre et expliquer son comportement. "En restant calme et en ne parlant pas, j'avais l'impression de calmer la situation." Dans son interview pour CNN, l'élève de l'école catholique de Covington affirme ne pas avoir été irrespectueux à l'encontre de Nathan Philipps et est enclin à le rencontrer pour discuter.

Dans la vidéo de près de deux heures ci-dessous, diffusée sur les réseaux sociaux, on peut suivre la chronologie des événements.