International

Il y a un an, les Grecs croyaient que tout était possible. Qu’ils allaient avec leur vote changer l’Europe et mettre fin à l’austérité. Syriza, le parti de la gauche radicale, se préparait à gagner les élections et dans les rues du pays, l’euphorie, l’espoir, la joie étaient au rendez-vous. Aujourd’hui, deux scrutins et un référendum bafoué plus tard, le désespoir guette car le pire est à venir.

Alexis Tsipras, issu de Syriza, a dû abandonner sous les coups de butoir des créanciers le programme parallèle qui devait compenser les mesures d’austérité adoptées en juillet dernier lorsqu’il a dû, à la surprise générale, signer pour un troisième plan d’austérité. Selon les médias grecs, c’est l’Eurogroupe qui a mis dans la balance le milliard d’euros qu’attend la Grèce depuis des mois. Un chantage que la Grèce connaît désormais à chaque nouvelle échéance et qui se répète depuis cinq ans.

Le "déni de soi"

Dans les rangs de Syriza, qui gouverne avec le parti de la droite souverainiste Anel, c’est la consternation : "On ne peut plus sortir parler aux gens", s’inquiète un militant qui veut garder l’anonymat. "On n’est plus crédibles, les plus touchés nous crachent dessus".

"Je ne pensais pas qu’un gouvernement de gauche qui a demandé et obtenu le soutien de la rue irait aussi loin dans le déni de soi", renchérit Antonis, 35 ans, informaticien au chômage, sous le choc de l’annonce faite au Parlement.

C’est que le coup est dur. Ce programme parallèle, c’était la bouée de sauvetage pour les 30 % de Grecs qui n’ont plus accès aux soins, et qui sont sous ou proche du seuil de pauvreté. Exit donc les cartes d’approvisionnement de nourriture pour les plus démunis, les tarifs spéciaux pour le chauffage, la santé gratuite pour eux et pour tous les laissés-pour-compte, les classes de soutien, les soupes populaires de l’Etat, les cartes de transport moins chères… Bref, tout ce qui aurait pu maintenir à la surface ces "victimes collatérales" des plans d’austérité.


La suite de cet article est à lire en intégralité dans la Sélection LaLibre.be (à partir de 4,83€ par mois).