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Le président élu Donald Trump a demandé mardi à Robert Kennedy Junior, neveu de John Fitzgerald Kennedy, de présider une nouvelle commission sur la sûreté de la vaccination alors même que cet écologiste doute de leur innocuité.

Cet avocat démocrate spécialisé dans le droit de l'environnement, fils du sénateur Robert Kennedy et neveu de l'ancien président JFK, a comme M. Trump émis de sérieux doutes sur l'innocuité des vaccins et suggéré que certains pouvaient provoquer l'autisme, des assertions unanimement démenties par les autorités médicales sur la base de nombreuses études.

"Il m'a demandé de présider une commission sur la sûreté des vaccins et leur intégrité scientifique", a rapporté M. Kennedy à des journalistes après une entrevue avec Donald Trump à New York.

"Je lui ai dit que j'acceptais", a-t-il dit.

Cette commission présidentielle a pour objectif "de s'assurer de l'intégrité scientifique dans le processus de fabrication des vaccins pour qu'ils soient efficaces et sûrs", a précisé M. Kennedy.

"Le président élu a des doutes quant aux politiques actuelles en matière de vaccins et se pose des questions à ce sujet", a-t-il ajouté. "Son opinion n'a pas d'importance mais c'est la science qui compte et nous devons regarder la science et en débattre".

Il a expliqué que M. Trump et lui-même étaient "très en faveur des vaccins" mais voulaient être certains qu'ils "soient aussi sûrs que possible".

M. Kennedy a publié un livre en 2014 dans lequel il décrit les dangers du mercure contenu dans le thimérosal, utilisé dans des vaccins pour éviter toute prolifération bactérienne et fongique.

Il a également activement participé à la promotion d'un film documentaire en 2015 liant l'autisme au thimérosal dans les vaccins et attaqué les responsables sanitaires qui rejettent ce lien.

Un cauchemar pour la médecine 

"On donne le vaccin à des enfants et la nuit suivante ils ont une très forte fièvre (...) et trois mois après leur cerveau est détruit", a notamment déclaré au journal Sacramento Bee M. Kennedy lors de la promotion de ce film, évoquant "un holocauste".

M. Trump a également suggéré à plusieurs reprises un lien entre les vaccins et troubles du spectre de l'autisme.

Sur Twitter en 2014 il avait écrit que "de jeunes enfants en bonne santé vont chez le médecin, reçoivent des doses massives de multiples vaccins, ne se sentent pas bien et changent" pour devenir "autistes". "Il y a de nombreux cas comme cela", ajoutait-il.

Un rapport de l'Institut américain de médecine en 2014 qui portait sur huit vaccins donnés à des enfants et des adultes avait conclu "que ces vaccins sont très sûrs sauf dans quelques très rares exceptions".

De plus, neuf autres études des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) effectuées depuis 2003 n'ont constaté "aucun lien entre des vaccins contenant du thimérosal et l'autisme ou entre des vaccins contre la rougeole, les oreillons et la rubéole et cette maladie chez les enfants".

A la fin des années 1990 les laboratoires pharmaceutiques ont commencé à ne plus utiliser le thimérosal ou à en réduire très fortement la teneur dans tous les vaccins pédiatriques à l'exception de ceux contre la grippe, ont indiqué les CDC, estimant qu'il ne s'agissait là que d'une "mesure de précaution".

L'annonce de la création de cette commission a semé la consternation dans le corps médical.

Pour la Dr Ranit Mishori, professeure à la faculté de médecine de l'Université Georgetown à Washington, c'est "un cauchemar" pour les médecins qui sont confrontés à une vague de scepticisme parmi les parents depuis plusieurs années et à une résurgence des flambées de rougeole et de coqueluche.

"Cela contribue à susciter beaucoup de craintes et de sentiment anti-science", a-t-elle déploré. "La science est extrêmement solide sur ce sujet", a insisté la professeure Mishori, ajoutant que "la science ne fonctionne pas en essayant de prouver des idées préconçues".