Le nuage radioactif ne devrait pas passer au-dessus de la Belgique

AFP Publié le - Mis à jour le

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Le nuage radioactif en provenance du Japon ne devrait pas passer au-dessus de la Belgique au cours des prochains jours, contrairement à ce qui a été avancé, a indiqué mardi David Dehenauw de l'Institut royal météorologique (IRM), interrogé par l'agence BELGA.

"Selon mes calculs, réalisés sur base des mesures relevées hier en Amérique du Nord et aujourd'hui en Islande, aucune particule radioactive ne devrait toucher la Belgique", explique mardi le météorologue. L'Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) annonçait lundi que le nuage traversait mercredi ou jeudi la France et la Belgique.

"Ce nuage simulé se base sur d'anciennes prévisions, réalisées à partir d'observations relevées au Japon il y a une dizaine de jours. Cette simulation ne tient pas compte des prévisions actuelles", explique M. Dehenauw. "Mes simulations, réalisées sur base des donnée mesurées en Islande et en Amérique du Nord, ne confirment pas le scénario français.

Pour l'instant, aucune concentration radioactive ne devrait arriver en Belgique. Au pire, il pourrait y avoir une trajectoire au-dessus d'une partie de la France à 6.000 mètres d'altitude, d'ici la fin de la semaine voire le début du week-end", poursuit-il. Mais les concentrations radioactives seraient tellement faibles, qu'elles ne représenteraient aucun danger pour la santé.

"Le nuage est tellement dilué qu'il ne peut être mesuré qu'à l'aide d'appareils sophistiqué. Il ne représente donc aucun danger ni au niveau de la santé, ni au niveau de la chaîne alimentaire", a précisé la porte-parole de l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN).

Fukushima: les fissures ne sont pas importantes malgré les radiations

Les enceintes de confinement des réacteurs de la centrale japonaise de Fukushima, où les autorités tentent d'empêcher un accident majeur depuis le séisme du 11 mars, ne sont pas gravement endommagées, malgré la poursuite des rejets radioactifs, a indiqué mardi l'AIEA.

"Nous avons suffisamment d'informations pour déterminer qu'il n'y a pas de grands trous ou des rejets excessifs de ces enceintes de confinement. Mais nous voyons toujours des radiations provenir de ce site", a expliqué James Lyons, directeur de la sûreté des installations nucléaires à l'Agence internationale pour l'énergie atomique, dont le siège est à Vienne.

"La question est de savoir d'où elles proviennent: de l'enceinte de confinement primaire ou des piscines où est entreposé le combustible usagé. Sans possibilité d'aller sur place, c'est difficile à déterminer", a poursuivi l'expert.

Alors que d'importantes contaminations radioactives dans l'eau de mer ont été détectées, les équipes de secours tentent toujours de refroidir les réacteurs, 11 jours après le séisme et le passage d'un tsunami de 14 mètres qui a mis hors-service les systèmes de refroidissements. L'électricité a été partiellement rétablie à la salle de contrôle du réacteur 3, le plus lourdement endommagé. Mais de nouveaux dégagements de fumée se sont produits dans cette unité.

Le principal souci "reste les piscines pour le combustible usagé pour chaque réacteur et en particulier le réacteur 4", a indiqué Graham Andrew, conseille scientifique du directeur-général de l'AIEA, le Japonais Yukiya Amano.

"Nous n'avons pas reçu d'informations vérifiées depuis quelques temps sur l'intégrité du confinement du réacteur 1, nous sommes inquiets de ne pas connaître son état exact", a aussi évoqué M. Andrew.

Situation toujours dangereuse à Fukushima et inquiétudes alimentaires

L'électricité a en partie été rétablie dans la salle de contrôle du réacteur 3 de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, dans le nord-est du Japon, les éclairages ayant été allumés, a affirmé mardi soir la chaîne de télévision publique NHK.

La crainte d'une contamination radioactive s'est renforcée mardi au Japon, les autorités ne parvenant toujours pas à écarter le danger à la centrale accidentée de Fukushima, dont les rejets menacent désormais les produits de la mer.

Des taux d'iode 131 et de césium 134 respectivement 126,7 fois et 24,8 fois plus élevés que les normes fixées par le gouvernement ont été mesurés lundi dans l'eau de mer près de Fukushima, à 250 km au nord de la mégapole de Tokyo et de ses 35 millions d'habitations.

Le taux de césium 137 était également 16,5 fois plus élevé que la normale, a indiqué la firme Tokyo Electric Power (Tepco), assurant que ces niveaux de radioactivité ne constituaient pas une menace pour la santé humaine.

L'Agence des pêches a relevé de son côté que les pêcheurs n'avaient pas pu encore reprendre le travail, onze jours après que les bateaux et les ports ont été dévastés par l'énorme tsunami déclenché par le séisme de magnitude 9. Cette double catastrophe, la pire épreuve traversée par le Japon depuis la deuxième guerre mondiale, a fait près de 22.000 morts et disparus, dont 9.079 décès confirmés, selon un dernier bilan provisoire.

Dans le but d'éviter de nouveaux rejets radioactifs, les travaux se poursuivaient mardi pour tenter de rétablir les systèmes de refroidissement des réacteurs.

Ces efforts qui s'éternisent depuis les premiers incidents survenus le 12 mars, au péril de la santé des pompiers et des techniciens exposés à de forts rayonnements ionisants, ont été entravés lundi après-midi par le dégagement de fumées inquiétantes s'échappant des réacteurs 2 et 3.

La centrale à l'infrastructure vieillissante de Fukushima Daiichi (N°1) a été gravement endommagée par la secousse tellurique suivie d'une énorme vague de 14 mètres de haut. Tepco estimait jusqu'à présent que le tsunami venu de l'Océan Pacifique était de 10 mètres.

Mais le refroidissement des réacteurs, essentiel pour éviter une fusion du combustible nucléaire, se fait attendre. Les techniciens ont commencé à utiliser un camion allemand équipé d'une pompe à béton articulée pour verser de l'eau par dessus le toit endommagé du réacteur 4. Un autre camion doté d'un immense bras articulé était en route mardi de Chine vers le Japon, où il devrait être déployé à Fukushima pour arroser les installations.

Ce véhicule est normalement utilisé pour couler du béton sur des chantiers de bâtiments élevés. Il peut atteindre une hauteur de 62 mètres, selon son constructeur, le groupe chinois Sany, spécialisé dans la machinerie lourde de chantier.

Le réacteur 3, qui a subi les plus lourds dégâts, est celui des six réacteurs qui inquiète le plus les autorités. Il contient en outre du combustible MOX, mélange d'oxydes de plutonium et d'uranium issu de produits de recyclage, dont les rejets sont considérés comme plus nocifs que ceux provenant d'un combustible à base d'uranium. Un vice-président de la Tepco a présenté mardi ses excuses à la population forcée d'évacuer les environs du site. "Je m'excuse sincèrement, notre entreprise a provoqué de l'anxiété et des nuisances aux habitants des environs des centrales, à ceux de la préfecture de Fukushima et du pays dans son ensemble", a déclaré Norio Tsuzumi, en s'inclinant profondément comme la tradition l'exige au Japon. Les différents organismes publics ont continué à répéter que le niveau de radioactivité décelé dans la pluie, l'eau du robinet, ou dans certains aliments autour des réacteurs endommagés ne menaçait pas la santé.

Malgré les incertitudes continuant de peser sur la centrale de Fukushima, l'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a bondi mardi en clôture de 4,36%, les investisseurs tablant sur un effet d'aubaine après le plongeon de la semaine dernière.

Mais l'économie restait affectée. Les constructeurs Toyota et Honda ont annoncé mardi qu'ils repoussaient le redémarrage de leurs chaînes d'assemblage au Japon en raison d'une pénurie de pièces détachées.

La piscine du réacteur numéro deux proche a atteint le point d'ébullition p> La piscine de stockage du combustible nucléaire du réacteur 2 à la centrale de Fukushima Dai-ichi (nord-est) est proche de l'ébullition, a déclaré mardi à la presse un responsable de l'Agence japonaise de sûreté nucléaire (NISA), Hidehiko Nishiyama.

Le combustible dans la piscine de stockage, même usé, continue de dégager une forte chaleur, pendant des mois, nécessitant un refroidissement constant. Faute d'un appoint d'eau suffisant à la suite du séisme et du tsunami du 11 mars, quatre des six réacteurs de la centrale connaissent de graves problèmes. Selon Hidehiko Nishiyama, les hautes températures dans la piscine du réacteur 2 sont vraisemblablement à l'origine du panache de vapeur qui s'échappe depuis lundi du bâtiment. Si le niveau de l'eau descend trop, les barres de combustibles risquent d'être directement exposées, entraînant des émissions radioactives encore plus importantes. Intervenir sur la piscine du réacteur 2 est donc une priorité, a souligné le représentant de la NISA, qui n'a pas précisé si une nouvelle évacuation du personnel de la centrale est nécessaire. Les techniciens, confrontés à des conditions très difficiles en raison du niveau élevé de radiations sur le site, continuent de travailler au refroidissement des coeurs des réacteurs 1,2 et 3, avec injection d'eau de mer. Les piscines des réacteurs 3 et 4 font l'objet d'aspersion massive à l'aide d'un canon à eau.

Parallèlement, l'exploitant de la centrale, Tokyo Electric Power (TEPCO) poursuit ses efforts pour rétablir l'alimentation électrique. Une ligne à haute tension a pu être posée jusqu'à la centrale, et les réacteurs 1, 2, 5 et 6 ont été connectés. Mais il va falloir vérifier les équipements électriques avant d'envisager de rétablir le courant, ce qui pourrait prendre plusieurs jours. Or TEPCO a annoncé lundi qu'il venait de découvrir que l'une des principales pompes du système de refroidissement du réacteur 2 n'était plus opérationnelle, ce qui signifie qu'il va falloir la remplacer. L'électricien a dit avoir commandé en urgence de nouvelles pompes mais on ignorait dans combien de temps elles seraient livrées.

AFP

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