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Le pape François a assuré mardi que les "marginalisés" sont les premiers à comprendre le message chrétien, exhortant les catholiques à "ne pas avoir peur" de croire, dans sa première messe de minuit célébrée sur fond de violences en Afrique et au Proche Orient. L'air grave, le pontife argentin, arrivé dans la basilique Saint-Pierre au milieu de 30 cardinaux et 40 évêques, a célébré une messe de moins de deux heures, très classique, avec de nombreux chants en latin, qui entend exprimer l'universalité de l'Eglise. Elle s'est terminée bien avant minuit.

Une prière pour les persécutés au nom de leur religion a été prononcée en chinois, alors qu'au moins 9.000 chrétiens meurent en raison de leur foi chaque année dans le monde.

Neuf mois et demi après l'élection de Jorge Mario Bergoglio, comme 265e successeur de Pierre, son message retransmis par les télévisions de 65 pays était très attendu. Jésus, a-t-il dit dans une courte homélie claire et simple, "a placé sa tente parmi nous. En lui est apparue la grâce, la tendresse, la miséricorde". Il n'a fait aucune allusion aux débats de société comme le faisait son prédécesseur Benoît XVI, mais opposé les "ténèbres" du monde à la "lumière" de Dieu. "Le Seigneur vous répête : n'ayez pas peur ! Moi aussi, je dis: n'ayez pas peur. Le Seigneur pardonne toujours. Là est notre paix", a ajouté l'ancien cardinal de Buenos Aires à l'adresse de 1,2 milliard de baptisés catholiques.

A la fin de la cérémonie, il a porté dans ses mains, accompagné d'une dizaine d'enfants des cinq continents, une statuette de l'enfant Jésus jusqu'à une crèche dans la basilique. Une autre crèche, napolitaine, avait été inaugurée sur la place Saint-Pierre. Intitulée "Franscesco 1223-Francesco 2013", elle marquait le lien entre saint François d'Assise qui avait prêché la pauvreté radicale et le pape qui a annoncé vouloir "une Eglise pauvre pour les pauvres".

A Bethléem, le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, la plus haute autorité catholique romaine en Terre sainte, a appelé à une "solution juste et équitable" au conflit israélo-palestinien. De la ville de naissance du Christ, en présence du président palestinien Mahmoud Abbas et du chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton en visite rivée, le prélat a rappelé aussi "tous les drames de l'humanité sur les cinq continents : des guerres civiles en Afrique au typhon aux Philippines, en passant par la situation difficile en Egypte et en Irak et la tragédie syrienne".

Fortes attentes autour du message "urbi et orbi"

Le pape François devait prononcer mercredi une première bénédiction "Urbi et orbi" de Noël très attendue, alors que la crise mondiale produit des exclus et que les chrétiens paient un prix élevé dans les violences au Moyen-Orient et en Afrique. Ce message pour les cinq continents - littéralement "à la ville et au monde" - pour lequel traditionnellement les papes doivent opérer un choix entre de nombreux appels à lancer sur les crises et injustices, fait naître de grandes attentes.