International Les Gallois redoutent l’impact économique avec le sentiment d’avoir été trompés.

Sur le nouveau campus de l’Université de Swansea, les douze étoiles dorées de l’Union européenne s’affichent sur plusieurs bâtiments. Les vingt-six hectares situés en bord de mer, près du centre de la ville de 245 000 habitants, accueillent un centre flambant neuf dédié à l’informatique et aux mathématiques, un pôle d’ingénierie ainsi qu’un institut de recherche encore en construction. L’UE a contribué pour plus d’une centaine de millions de livres, sur un coût total de 450 millions (un demi-milliard d’euros), afin de concrétiser l’ambition de cette université presque centenaire de devenir un centre d’excellence scientifique et industriel. " Nous avons créé […] des emplois hautement qualifiés et pu étendre le campus comme nos effectifs, et le nombre d’étudiants a gonflé de 50 % en quatre ans à quelque 20 000", se réjouit le vice-chancelier de l’institution, le professeur Iwan Davies.

Treize mille entreprises et 45 000 emplois

De nombreux projets ont bénéficié de fonds européens au pays de Galles, qui compte des zones parmi les plus défavorisées du Royaume-Uni. Mais avec le Brexit, voté à 52,5 % par les Gallois en 2016, ce financement s’arrêtera et l’heure est désormais au doute sur le bien-fondé de cette décision. La province perçoit chaque année plus de 600 millions de livres de Bruxelles pour soutenir son développement économique et son agriculture, en sus d’autres programmes. " Ces financements ont été très importants pour les pans de l’économie galloise qui avaient le plus besoin d’aide", souligne le ministre des Finances, le travailliste Mark Drakeford, ajoutant que l’écart entre les économies galloise et britannique s’est réduit plus rapidement là où des fonds de l’UE ont été déployés.

À Swansea, nombreux sont encore ceux qui se disent convaincus que le Royaume-Uni sera davantage maître de son destin en coupant les amarres avec l’UE. Mais, inquiets face au scénario catastrophe prédit en cas de sortie sans filet le 29 mars 2019, des habitants commencent à s’interroger sur la pertinence de leur vote pour le Brexit. Selon un sondage YouGov publié en novembre, une courte majorité de 51 % soutient désormais le maintien dans l’UE. " J’ai voté ‘leave’ parce que je voulais que nous puissions prendre nos propres décisions. Mais maintenant, je ne suis plus très sûre", confie Julie Matthews, une employée de commerce de 56 ans, estimant ne pas avoir été correctement informée des conséquences du Brexit.

Pour le gouvernement local, c’est à Londres de reprendre à sa charge l’intégralité des flux européens. Des garanties ont été données jusqu’à fin 2020. " Ce qui se passera après est beaucoup moins sûr. Les Gallois ayant voté pour la sortie de l’UE l’ont fait sur base de la promesse que […] le pays de Galles ne perdrait pas le moindre penny. C’est une promesse que le gouvernement britannique doit tenir, insiste M. Drakeford. Nos besoins ne disparaîtront pas après notre sortie de l’UE."