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Depuis le 11 septembre, le terrorisme mené par des musulmans radicalisés a tué deux fois moins que d'autres idéologies comme celle des suprématistes blancs.

Cela fait un peu moins de quatorze ans depuis le 11 septembre 2001... Date à laquelle la majorité du monde occidental a découvert ce qu'était le terrorisme islamiste. Quatorze années au cours desquelles s'est construite une peur, voire une terreur, autour de la radicalisation et plus généralement de l'Islam. Personne n'est à l'abri, la menace est constante et un nouveau drame peut arriver partout sur le globe, en tout cas c'est ce qu'on nous fait croire.

The New York Times est formel "Depuis le 11 septembre 2001, presque deux fois plus de personnes ont été tuées par des suprématistes blancs, des fanatiques anti-Etat et d’autres extrémistes non musulmans que par des musulmans radicalisés." D'après les chiffres du think tank New America, 48 personnes ont été tuées par des extrémistes non islamistes contre 26 par des djihadistes ou des djihadistes autoproclamés depuis cette date. La question qui en découle est double : L'opinion a-t-elle une perception erronée des faits ou les médias s'orientent-ils trop vers un certain type d'information ?

L'explication apportée par le journal américain à ce sujet est sans équivoque. Certains meurtres commis par des extrémistes non islamistes n'auraient tout simplement "suscité qu’une attention éphémère dans les médias et ne se sont jamais gravés dans la mémoire collective”.

Toujours d'après The New York Times, la récente tuerie de Charleston, perpétrée par un jeune suprématiste blanc, n'est que le dernier exemple en date d'une longue liste d'attentats motivés par "la haine raciale, l'hostilité à l'Etat et des théories comme celles du 'mouvement de souveraineté citoyenne' qui dénie toute légitimité à la plupart des lois écrites."

Par exemple, on dénombre aujourd'hui environ 900 groupuscules prônant la suprématie blanche aux Etats-Unis, ce qui représente entre 3.000 et 5.000 adeptes. Un nombre qui a de quoi inquiéter et qui fait redouter le plausible retour au premier plan d'une sorte de Ku Klux Klan (KKK) des temps modernes.



La National Rifle Association (NRA) pointée du doigt par Obama

Le calcul est simple, chaque année 11.000 personnes décèdent des suites de violences liées aux armes à feu au pays d'Uncle Sam. Autant dire que 48 et 26 personnes tuées en quatorze ans ne représentent qu'une goutte d'eau dans le verre de la violence présente dans les rues américaines.

Pour le président américain, Barack Obama, le fautif est tout trouvé : la NRA, plus connue comme étant le lobby des armes aux USA. D'après lui, tant qu'un contrôle plus strict de la vente d'armes ne sera pas mis en place, rien ne pourra empêcher les personnes mal intentionnées de s'armer. 

Le président ajoute, fataliste, qu'il ne "pense pas que le Congrès entreprendra une quelconque action législative. Et je crois qu'aucune action véritable ne sera jamais entreprise tant que l'opinion publique américaine ne ressentira pas un sentiment d'urgence suffisant pour se dire: 'Ce n'est pas normal. C'est quelque chose qu'il faut changer, et l'on va le changer". Barack Obama semble, lui aussi, avoir les pieds et les poings liés lorsque la problématique est remise au goût du jour.