International Le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat et numéro deux du Vatican, a fustigé mardi un "laïcisme intolérant" en "conflit ouvert avec les valeurs chrétiennes traditionnelles", qui utilise "l'arme" de la "non discrimination" pour les étouffer.

Parlant devant le Conseil des conférences épiscopales d'Europe (CCEE) sur le thème de la "Nouvelle évangélisation", le cardinal italien a estimé que dans l'Europe d'aujourd'hui, "un certain pluralisme ne veut pas permettre que l'on distingue le bien et le mal" et qu'il devient donc "toujours plus difficile de distinguer entre la vérité, les erreurs et les mensonges".

"A côté d'une saine laïcité, coexiste un laïcisme intolérant", a-t-il critiqué, jugeant qu'"on abuse souvent du principe de la non discrimination comme d'une arme (..) dans le but de construire une dictature du relativisme".

Le cardinal Bertone faisait allusion aux législations et aux propositions qui entendent interdire, en vertu du principe de la non discrimination, les vêtements ou signes religieux dans la rue et des lieux publics comme les écoles.

"Cette dictature du relativisme tend à exclure la dimension communautaire et publique de la foi et la présence de symboles religieux" et elle est en outre "en conflit ouvert avec les valeurs chrétiennes traditionnelles", a-t-il estimé.

Le secrétaire d'Etat a cité "le mariage entre un homme et une femme" et "la défense de la vie depuis la conception jusqu'à la mort naturelle".

Les lois sur l'avortement, la sélection prénatale, la fin de vie, le mariage gay, le divorce sont jugées inacceptables par le Vatican.

Selon le cardinal Bertone, la précarité causée par la crise économique accentue au même moment les demandes des Européens sur "la dignité et la vocation spirituelle de la personne humaine".

Dans ce contexte, a-t-il estimé, la "Nouvelle évangélisation" que l'Eglise cherche à promouvoir "n'est pas seulement un dispositif d'urgence" mais "un moyen pour recueillir les nouveaux germes qui poussent sur une forêt ancienne".

Le pape Benoît XVI a fait de la "nouvelle évangélisation" des pays de tradition chrétienne une de ses priorités.