International

Les quatre derniers otages français travaillant pour Areva et Sogea Satom, une filiale de Vinci, enlevés à Arlit au Niger par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) en septembre 2010, ont été libérés, a annoncé mardi soir le président français François Hollande, en déplacement en Slovaquie.

"Je veux vous annoncer une heureuse nouvelle. Je viens d'apprendre par le président du Niger que nos quatre otages du Sahel, les otages d'Arlit, viennent d'être libérés", a déclaré M. Hollande dans une allocution à Bratislava. Thierry Dol, Daniel Larribe, Pierre Legrand et Marc Féret sont arrivés à Niamey peu avant 19H00 (heure de Paris), selon l'entourage du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. "On ne peut pas dire qu'ils sont en bonne santé mais leur santé est correcte", a-t-on précisé dans l'entourage du président français.

François Hollande a exprimé "toute sa gratitude" au président nigérien Mahamadou Issoufou "qui a réussi à obtenir la libération de nos compatriotes". Selon son entourage, il a été prévenu "personnellement" par son homologue nigérien. Les ministres français Laurent Fabius (Affaires étrangères) et Jean-Yves Le Drian (Défense) sont déjà sur place dans la capitale nigérienne et devaient s'entretenir avec le président Issoufou avant d'accueillir les otages. M. Fabius, qui accompagnait François Hollande mardi matin en Slovaquie, s'était éclipsé rapidement pour partir à Niamey.

François Hollande a évoqué "trois ans d'épreuves pour ces ressortissants capturés, détenus par des geôliers sans scrupules", "trois ans de souffrance pour les familles qui vivaient un calvaire et qui sont aujourd'hui soulagées". Les familles ont été informées par le président juste avant l'annonce publique. "Seul l'Etat pouvait le sortir de là", a réagi Pascale Robert, mère de Pierre Legrand, sur la chaîne d'information en continu BFMTV. "On a l'impression de ressentir quelque chose que l'on n'avait jamais ressenti. On attend maintenant le retour physique, de les voir, leur parler, les toucher". "J'ai du mal à y croire encore. Je suis heureuse, émue", a déclaré à l'AFP Brigitte Laur, sa tante maternelle.

"Aujourd'hui, on me dit qu'ils sont libres sains et saufs. Nous sommes très heureux, même plus encore, c'est même indescriptible", a déclaré sur la radio RTL le président du comité de soutien de Thierry Dol, Karl Lebeau. "Tant que je ne toucherai pas Thierry Dol et les autres, je n'y croirai pas, je suis tellement heureux de cette annonce", a-t-il ajouté. Jeudi 24 octobre, des sources sécuritaires régionales à Gao (Mali) avaient fait état de la présence d'émissaires dans le Sahel pour "accélérer les négociations en vue de la libération des otages français". Mais la France avait "formellement démenti" l'envoi de ces émissaires.

François Hollande a rappelé son engagement dans ce dossier: "Dès que j'ai pris mes fonctions, j'avais décidé d'utiliser tous les contacts possibles. La guerre que nous avons engagée au Mali (...) a pu suspendre ces initiatives", a expliqué le président français. "Elles ont été immédiatement reprises" ensuite, a-t-il ajouté. Le 16 septembre 2010, sept personnes - cinq Français dont une femme, un Togolais et un Malgache - avaient été enlevées à Arlit, site d'extraction d'uranium dans le nord du Niger. Le 24 février 2011, la Française, Françoise Larribe, épouse de Daniel, ainsi que le Togolais et le Malgache, avaient été libérés "en territoire nigérien".

Le 21 mars de la même année, Aqmi avait réclamé "au moins 90 millions d'euros" pour la libération des quatre Français encore otages, demande rejetée par la France. Après ces libérations, sept Français sont toujours détenus de par le monde: deux au Sahel, un au Nigeria, quatre en Syrie. "Je pense à ces sept otages", a affirmé M. Hollande, "je leur dis ce message simple et bref: ne perdez pas espoir, ne perdez jamais espoir, la République est là toujours solidaire".


"La France ne paye pas de rançon", affirme Fabius

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a insisté mardi sur le fait que "la France ne payait pas de rançon", interrogé sur la radio Europe 1 sur l'opération qui a mené à la libération des quatre otages français d'Arlit.

"Ce que je peux vous dire c'est que la France ne paye pas de rançon, c'est clair et net", a déclaré M. Fabius, soulignant que la libération n'aurait pas été possible "sans l'action extrêmement efficace du président nigérien" Mahamadou Issoufou