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Les services irakiens de renseignement disposent d’informateurs pour repérer les membres de l’EI tentant de s’infiltrer parmi les rescapés.

C’est un jour où l’offensive de Mossoul ralentit. La bataille fait une pause, le temps que l’armée, la police fédérale et les forces spéciales coordonnent leurs plans d’attaque. Ce lundi 26 juin, dans la matinée, peu d’habitants de la vieille ville peuvent profiter de l’avancée des soldats pour fuir. Vers 9 heures, quelques-uns arrivent au dispensaire de fortune. Un père, une mère, trois enfants et un couple de voisins. Ils ne sont pas blessés et n’ont pas l’air épuisés. Khaled, le père, porte un maillot de foot vert pomme. Il a de fines lunettes et les joues creusées. Il parle beaucoup et veut convaincre. "J’ai tout de suite su que les gens de Daech étaient des démons. Je ne les ai jamais crus, même au début quand ils nous ont dit qu’ils étaient là pour nous rendre nos droits. Ils étaient partout et contrôlaient tout. Il n’y avait aucun autre choix que de leur obéir".

Derrière, un soldat au corps sec et aux yeux bleus s’est accroupi. Il parle à voix basse à la femme de Khaled et à ses deux filles, dont l’une a environ 7 ans. "Il y a quatre jours, des djihadistes sont venus chez nous. Ils avaient l’air fous. On n’a pu fuir qu’aujourd’hui", continue le père. Un soldat trapu en tee-shirt noir déboule, furieux, dans le dispensaire. Il empoigne Khaled et le pousse violemment dans la rue. Il hurle : "Ne me mens pas ! Arrête de me prendre pour un con !" Il ramasse un bâton sur le trottoir. Arrivé à la porte de la mosquée d’à côté, il le tape, plusieurs fois. Khaled disparaît.