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Les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne se sont fixé jeudi l'ambition d'arriver à un accord sur le budget 2021-2027 de l'UE à l'automne 2019, et non avant les élections de mai comme la Commission et le Parlement les y poussaient, sans plus vraiment y croire encore. L'actuel "cadre financier pluriannuel" (CFP), qui porte sur la période 2014-2020, avait été adopté tardivement, ce qui avait retardé le lancement de nouveaux programmes.

Voulant éviter un tel scénario, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker répète depuis des mois la nécessité de dégager un accord de principe sur l'exercice 2021-2027 avant les élections de mai. De son côté, le Parlement européen s'est déjà mis en position de négocier, appelant à une hausse des contributions nationales et au maintien des politiques historiques, après le Brexit.

Mais jeudi soir, les Vingt-sept ont fixé à l'automne 2019 l'accord qu'ils doivent dégager entre eux, comme le président du Conseil Donald Tusk le leur avait proposé dans sa lettre d'invitation au sommet. Un tel accord devrait ensuite encore être négocié avec le Parlement.

Outre que les dirigeants européens doivent parler d'une seule voix en matière budgétaire, le sommet de ces jeudi et vendredi représentait pour eux la première véritable occasion de parler de la substance de ce budget, le premier auquel le Royaume-Uni ne devra plus contribuer, Brexit oblige.

La proposition mise sur la table par la Commission comprend un cocktail d'ingrédients explosifs.

Pour compenser la perte de la contribution britannique et financer de nouveaux besoins (politique migratoire et des frontières, défense, emploi, Erasmus+, etc.), l'exécutif européen a proposé des coupes dans la politique agricole commune (-5%) et les fonds de cohésion (-6%), ce qui est plutôt mal passé chez les principaux bénéficiaires de ces politiques historiques.

Des pays du nord comme les Pays-Bas, la Suède, le Danemark ou la Finlande veulent par ailleurs réduire à 1% du revenu national brut (RNB) l'enveloppe totale proposée par la Commission (1,114%), tandis que d'autres souhaitent augmenter les sources de recettes au budget de l'UE.

La proposition vise aussi à établir un lien inédit entre versement des fonds européens et respect de l'État de droit.