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Commandant de bord du Boeing 707 de la Sabena détourné en 1972, par un commando palestinien, le Britannique Reginald Levy est décédé d’une crise cardiaque dimanche à Douvres, au Royaume-Uni, à 88 ans.

Le 8 mai 1972, le vol 751 Bruxelles-Tel Aviv de la Sabena avait été pris d’assaut en plein vol, juste après l’escale à Vienne, par un commando de l’organisation terroriste palestinienne Septembre noir - la même qui, quatre mois plus tard, tuerait onze athlètes israéliens lors des Jeux olympiques de Munich. Avec un flegme tout britannique, le commandant Levy - qui fêtait ce jour-là son 50e anniversaire - avait averti ses 90 passagers qu’il y avait "des amis à bord".

Les pirates de l’air, deux hommes et deux femmes, avaient contraint le commandant Levy à poser l’appareil à l’aéroport Lydda (rebaptisé Ben Gourion depuis) à Tel Aviv. Ils avaient ensuite menacé de faire sauter l’appareil, si Israël refusait de libérer 317 prisonniers arabes. Le ministre israélien de la Défense, Moshe Dayan fut mandaté pour mener les négociations.

Bien qu’Israël n’eût jamais l’intention d’accéder aux desiderata des pirates : pendant la nuit, des saboteurs israéliens dégonflèrent les pneus de l’avion et mirent le système hydraulique hors d’état pour l’empêcher de redécoller. Reginald Levy s’employa à calmer la nervosité des pirates en discutant avec eux toute la nuit, de tous les sujets possibles "allant de la navigation au sexe".

Le lendemain, il fut envoyé comme émissaire au terminal de l’aéroport, muni d’un échantillon du type d’explosifs que le commando menaçait d’utiliser. L’ex-pilote de la Royal Air Force en profita pour renseigner les Israéliens sur la description des pirates, leurs positions et sur le fait qu’il n’y avait pas de siège devant les sorties de secours.

Quelque 21 heures après le début du détournement, 18 militaires israéliens déguisés en techniciens, parmi lesquels les actuels Premier ministre Benjamin Netanyahou et ministre de la Défense Ehud Barak prirent l’appareil d’assaut. Deux terroristes furent tués et tous les passages libérés, sains et saufs.

Considéré comme un héros par Israël, M. Levy reçu des menaces de Septembre noir qui l’obligèrent à s’installer un temps en Afrique du Sud avant de revenir à Bruxelles. Il prit sa retraite dans les années 80, après trois décennies passées au service de la Sabena.