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Au moins 42 personnes ont été tuées vendredi dans le double attentat qui a dévasté deux secteurs de Tripoli dans le nord du Liban, selon un nouveau bilan fourni par une source de sécurité.

Les deux déflagrations se sont produites en début d'après-midi à quelques minutes d'intervalle devant deux mosquées sunnites de Tripoli. Le bilan des morts n'a cessé d'augmenter depuis. Des centaines de personnes ont été blessées.

Ces explosions surviennent une semaine après un attentat à la voiture piégée qui a fait aussi 27 morts à Roueiss, dans la banlieue sud de Beyrouth, un fief du puissant mouvement chiite Hezbollah, un allié du régime syrien libanais auprès duquel il combat les rebelles en Syrie. "Il y a jusqu'à présent 27 martyrs et 352 blessés dans les hôpitaux", a dit à la télévision le ministre libanais, précisant qu'il ne s'agissait pas d'un bilan définitif. Un précédent bilan faisait état de 19 morts et de dizaines de blessés dans le double attentat dans la grande ville portuaire à majorité sunnite.

Les télévisions locales ont montré des corps sans vie, de nombreux véhicules en flammes, des hommes transportant dans leurs bras des blessés et des devantures d'immeubles totalement détruites.

A Tripoli, la première explosion s'est produite dans le centre, près de la maison du Premier ministre sortant, Najib Mikati, qui ne se trouvait pas dans la ville, selon les services de M. Mikati. La deuxième a eu lieu près du port, non loin du domicile de l'ancien chef de la police Achraf Rifi, selon une source de sécurité.

Les déflagrations ont eu lieu à proximité de deux mosquées, le jour de la prière hebdomadaire pour les musulmans. Les télévisions ont montré une immense fumée noire s'élevant dans le ciel. Le correspondant de l'AFP a vu des corps carbonisés près de la mosquée Al-Taqwa, sur une des principales artères de Tripoli, et cinq corps d'enfants retirés de l'intérieur de la mosquée.

La capitale du nord du Liban est régulièrement le théâtre d'affrontements entre les sunnites, qui soutiennent en majorité la rébellion syrienne et les alaouites, plutôt favorables au régime de Bachar al-Assad.

Mercredi, le chef de l'armée libanaise, le général Jean Kahwaji, a affirmé que ses troupes étaient désormais en "guerre totale" contre le "terrorisme", affirmant qu'elles poursuivaient depuis des mois une cellule "qui prépare des voitures piégées", dont une avait explosé le 15 août dans le fief du Hezbollah.

Il a aussi affirmé que la cellule "ne vise pas une région ou une communauté particulière mais elle cherche à provoquer une dissension confessionnelle en visant des régions différentes tant du point de vue confessionnel que politique".

Le Liban est profondément divisé sur le conflit en Syrie voisine, qui a exacerbé les dissensions confessionnelles.

Les sunnites sont en effet en majorité partisans de la rébellion qui veut renverser le régime, tandis que les chiites, emmenés par le Hezbollah, sont en majorité en faveur du président Assad.