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Des dizaines de manifestants --"gilets jaunes", retraités locaux et quelques jeunes masqués-- se sont rassemblés vendredi dans le centre de Souillac (Lot) où Emmanuel Macron est attendu pour poursuivre le grand débat avec des élus ruraux.

Peu avant l'arrivée prévue du président, une large banderole a été déployée à l'entrée du parking du Palais des Congrès où le rendez-vous est fixé avec 600 élus ruraux: "Manu arrête tes macronneries tu ne vas pas réussir à nous endormir avec ton grand débat", signé des "gilets jaunes aveyronnais en colère". Mais la police a rapidement délogé ces contestataires, les manifestations étant interdites dans le centre par un arrêté préfectoral.

Des heurts avaient opposé dans la matinée les manifestants aux forces de l'ordre, qui les ont repoussés, parfois à coups de matraque, et procédé à deux interpellations, ont constaté des journalistes de l'AFP. Les manifestants ont entonné la Marseillaise et scandaient "Macron démission". "Le roi est en train de s'en mettre plein les poches, pendant que son peuple est en train de mourir", a lancé à l'AFP une manifestante, Emilie. "A un moment donné, on est là, on gagne un SMIC et on n'arrive plus à vivre. On veut juste qu'il nous écoute, et qu'il trouve une solution pour nous, c'est tout. Pour l'instant, il fait la sourde oreille, et nous on en a marre", a-t-elle ajouté. "Qu'il ne veuille pas nous voir, c'est un fait, mais faire ça, ce n'est pas correct", renchérissait Nathalie, une autre manifestante, en référence aux heurts avec les forces de l'ordre. "On était en train de chanter, on était assis, (...) on n'a pas de gilets jaunes, on n'a rien", s'indignait-elle.

Certains habitants se félicitaient toutefois de cette visite présidentielle, la première dans cette localité depuis Raymond Poincaré en ... 1913. "Même si on n'a pas les mêmes opinions, je pense qu'il faut respecter et se dire que c'est quand même bien. Qu'au moins on ait un président qui se déplace dans les petits villages", soulignait une habitante, Sandrine Monteil. Jean-Michel Sanfourche, maire sans étiquette de Souillac, a pour sa part affirmé à l'AFP vouloir être "la courroie de transmission entre les gens en souffrance, et le président". "Aujourd'hui, vous avez une majorité de gens (...) qui, le 20 du mois, ne savent pas comment ils vont vivre! Comment ils vont clôturer le mois! Ce n'est quand même pas normal, les gens qui ont travaillé et cotisé toute leur vie, et qu'ils soient comme cela, dans la désespérance", a-t-il martelé, appelant à des "solutions".

Souillac, une ville de 3.750 habitants sur les rives de la Dordogne, a été placée sous haute sécurité pour la venue du président: les commerces sont en majorité fermés, le marché a été annulé et le centre bouclés pour les non-habitants.

La ville avait déjà accueilli Emmanuel Macron, mais comme candidat, le 17 février 2017, alors qu'il était en pleine ascension dans les sondages pour la présidentielle.