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Les marins de la coopérative SeaFrance, qui exploite la compagnie de ferries MyFerryLink, devaient lever progressivement mercredi soir leur blocage du trafic maritime dans le port français de Calais (nord), qui a provoqué une vaste pagaille des deux côtés de la Manche. Un rendez-vous est prévu avec le secrétaire d'État français aux Transports Alain Vidalies jeudi à 09H00 GMT. "De ce fait, on maintient la pression sur les navires, mais on laisse rentrer les bateaux de la compagnie P&O un par un à partir de 20H00 (18H00 GMT), jusqu'à la fin des négociations", a annoncé à l'AFP Eric Vercoutre, un responsable syndical.

Le blocage du port a été décidé en début de semaine après un refus du tribunal de commerce de Boulogne-sur-mer (nord de la France) d'accorder un délai supplémentaire à la coopérative, alors que les contrats d'affrètement de trois navires de MyFerryLink, propriété d'Eurotunnel (le gestionnaire du tunnel sous la Manche), prennent fin mercredi soir.

Les actions de blocage ont pour but "de garder les navires" et de préserver "les 600 emplois" de la coopérative, selon une source syndicale. "On va bloquer les autoroutes et continuer à bloquer l'économie régionale (...) Il faut que ça bouge plus pour que le président (français François Hollande) prenne le dossier en main", avait expliqué dans la journée M. Vercoutre.

Le blocage du port de Calais a entraîné depuis le début de la semaine une vaste pagaille dans le transport maritime et sur les routes conduisant aux ports des deux côtés de la Manche, jusqu'aux liaisons de l'Eurostar entre la France et la Grande-Bretagne.

Mercredi, 3.000 camions étaient coincés en Grande-Bretagne sur des tronçons d'autoroute fermés par la police, en attendant d'embarquer pour la France.

Des équipes de gardes-côtes britanniques ont distribué quelque 5.000 bouteilles d'eau et des sandwiches aux routiers coincés depuis des heures dans les embouteillages, par des températures caniculaires.

Un système de tickets a été mis en place et seuls les routiers en possession d'un tel billet pouvaient entrer dans Douvres. "C'est la pagaille totale", a dénoncé le patron de l'Association britannique du transport routier, Richard Burnett, allant jusqu'à demander l'intervention de l'armée.

Côté français, les perturbations étaient aussi légion et se doublent du problème posé par plusieurs milliers de migrants clandestins cherchant à gagner l'Angleterre. Le blocage des camions leur donne l'occasion d'essayer d'embarquer, ce qui donne lieu à des courses-poursuites avec les forces de l'ordre.